CR du 10/02/2017

CR du 10/02/2017

Manifestations de soutien à Théo L. :

à Nantes, une manifestation était organisée le mercredi 8 février, en soutien à Théo L., survivant d’un viol commis par quatre policiers, et dont les accablantes preuves vidéo et médicales sont honteusement ignorées par l’IGPN qui a l’indécence d’appeler un viol un « accident ». L’attitude des forces de l’ordre est inadmissible depuis le début, s’y ajoute un dangereux seuil franchi lors des tirs à balles réelles à Aulnay sous Bois et le racisme décomplexé du syndicaliste policier Luc Poignant sur un plateau télé, qui trouve les insultes racistes « convenable[s] ».

Des artistes se mobilisent pour réclamer la justice : tou.te.s sont racisé.e.s ou/et ont vécu l’impunité de la police.

Sur une place déjà filtrée par les CRS, un premier rassemblement a eu lieu. Les prises de parole avant le départ en cortège, ont été gracieusement captées et retransmises par le Bruitagène jusqu’à la nasse : http://audioblog.arteradio.com/post/3076358/_21_nantes-aulnay_solidarite__/

CR de Nantes révoltée :

Nantes : la manifestation pour Théo attaquée et nassée par la police
Il y en avait du monde ce mercredi soir, Place Bouffay, en colère contre le viol de Théo à Aulnay-sous-Bois et plus généralement contre la violence d’État. Beaucoup de monde et de courage, malgré le dispositif policier délirant, avec des centaines de policiers ceinturant la place, contrôlant les passants et bloquant l’accès des grands axes de circulation.
500 personnes se retrouvent sur la place à la nuit tombante. Contre les humiliations, le racisme, et l’impunité policières. Alors qu’ont lieu des prises de paroles, on apprend que plusieurs manifestants ont déjà été interpellés. Derrière une banderole « Solidarité avec Aulnay, justice pour Théo », le cortège s’ébranle, dans l’air rougi par les fumigènes. Nous sommes autour de 19H.
Un cri émerge alors de la foule « La police viole, Nantes, debout, soulève toi », ou « Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas ».
Un quart d’heure plus tard, la manifestation est déjà terminée. Place de la Petite Hollande. Encerclée par des dizaines de policiers en armures et d’ombres de la BAC, couvertes de noir des pieds à la tête, braquant le viseur lumineux de leurs armes à hauteur de têtes. Y compris celles de journalistes.
Entretemps, le cortège avait été chargé plusieurs fois, et visé par des salves de grenades lacrymogènes devant l’hôtel Dieu. Un hélicoptère braque son projecteur surpuissant sur la foule prise en étau dans une cellule à ciel ouvert, de casques et de boucliers. Des coups pleuvront sur quelques manifestants encerclés. La police ira jusqu’à gazer au sein de la nasse. Et charger ceux qui, à l’extérieur, protesteront contre la méthode.
Une deuxième manœuvre tentera d’encercler à nouveau un groupe de manifestants fraîchement relâchés. Une quinzaine de personnes sont emmenées au poste.
Nous sommes en France, en 2017. État d’urgence et fin de règne socialiste. Dans une ville où 40 militants d’extrême droite armés et casqués ont pu parader dans les rues vendredi dernier. Dans une ville où 500 personnes défilant contre un crime policier sont attaquées.

Vos répressions ne tariront pas notre seum.

Les Street Medics livrent également leur CR :

19h. Deux lacrymo sont lancées dès le tout début de la manifestation, d’abord au niveau de l’île Feydeau, puis quai Turennes. Une vingtaine de personnes souffrent du gaz à ce moment là.

19h10. Quelques centaines de mètres plus loin, la police nasse plusieurs dizaines de manifestants place de la petite Hollande, dont deux médics. Les premiers coups de matraque sont donnés pour amasser les manifestants : au moins une personne reçoit un coup sur la main, une autre au niveau du cou.
Les gazeuses à main sont également utilisées sur le groupe encerclé. Devant l’intensité du gaz et l’impossibilité de s’en extraire, les décontaminants ont été majoritairement utilisés. La difficulté des médics était de pouvoir se mouvoir dans la nasse serrée au maximum par les CRS, afin d’atteindre les différentes personnes.
Une troisième personne se fait matraquer en étant violemment sorti de la nasse.
A l’extérieur de la nasse, parmi les manifestants solidaires qui sont repoussés, une personne est gazée avec une gazeuse à main.

20h40. Aprés 1h30 de nasse, les 2 médics en question sont contrôlé-e-s et libéré-e-s ; leur matériel de secourisme ne leur a cette fois pas été confisqué.

Les photos sont fournies par Nantes Révoltée, Val Kerleau ainsi que Marin Driguez de Taranis News :

https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/posts/1238719399497564

Nantes : la manifestation pour Théo attaquée et nassée par la policeIl y en avait du monde ce mercredi soir, Place…

Opublikowany przez Nantes Révoltée na 8 lutego 2017

http://taranis.news/2017/02/nantes-manifestation-contre-les-violences-policieres-justicepourtheo/

Photo de O. Lanrivain relayée par Val Kerleau, primée dans la catégorie « oh le joli laser ! » :  https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10212192016984764&set=a.10200948582585931.1073741827.1507003034&type=3&theater

Les médias indépendants prennent de gros risques et la reconnaissance des personnes en lutte ne les nourrit pas beaucoup. C’est pourquoi nous relayons ici la Cagnotte pour soutenir Taranis : https://www.tipeee.com/taranis-news

« Pas d’abonnement, pas de contenus privés, pas de « paywall » : toutes nos publications restent gratuites ! Vous pouvez maintenant nous soutenir à hauteur de de 1€, 2€, 5€, 10€ (ou plus!) chaque mois ! »

Et leurs projets à venir : https://www.facebook.com/notes/taranis-news/soutenez-les-m%C3%A9dias-libres-et-ind%C3%A9pendants-/1825425591004287

Ces manifestations nous auront appris plusieurs choses :

  • le concept de hogra ou la stratégie d’humiliation des populations dominées, reprise par la France coloniale en Algérie.
  • à Rennes il y a eu une étrange coupure du wifi durant la manifestation…
  • à Paris on nasse désormais DANS le métro et on n’en a toujours rien à faire des passant.e.s quand on a un uniforme : https://www.facebook.com/activid/posts/1752243611757386
  • pour le plaisir :

La pratique du non port du matricule s’est en effet généralisée chez les forces de « l’ordre » qui de fait ne peuvent plus être contrôlées.

Une autre manifestation a eu lieu le samedi 11 février à 16h30.

Répression

Délit de solidarité : Cédric Herrou a été condamné à une « amende avec sursis » parce que le procureur « a bien compris que ce n’était pas du tout une action d’aide à des personnes identifiées sur des situations dramatiques » . Une cagnotte a été ouverte pour lui offrir un dictionnaire. Non, ne gâchez pas vos sous.

Quant aux journaux ils ne semblent pas savoir s’il faut payer 3000 ou 30000€. Un détail…

Enfin, entre les amendes avec sursis et les viols accidentels pas volontaires, notre système de justice semble engagé dans une compétition serrée pour la plus grosse ineptie.
A noter encore que même là il n’est pas foutu de jouer franc-jeu et concourt contre lui-même.

Connaître ses droits face à la police :

D’après la Coordination contre la répression et les violences policières d’Île-de-France, lorsque l’on est arrêté.e et réclame son droit à un.e avocat.e, il semblerait qu’on demande désormais l’orthographe exacte du nom de l’avocat.e que l’on demande et le barreau auquel iel est rattaché.e. Ce n’était pas nécessaire avant mais la police semble de plus en plus éloignée de ses missions.

https://www.facebook.com/Coordination-contre-la-r%C3%A9pression-et-les-violences-polici%C3%A8res-Paris-IdF-1005169382915113/photos/?tab=album&album_id=1186432391455477

L’extension de la légitime « défense » des policiers.ères :

Le projet de loi sécurité publique (notez comme ces mots sont positifs) a été adopté en première lecture. Il propose d’aligner les critères de la légitime défense des policiers.ères sur ceux… de la gendarmerie. La différence est de taille car les militaires ne sont pas tenu.e.s de proportionner leur riposte. Cette mesure était réclamée lors des manifestations sauvages (non réprimées) de policiers.ères il y a quelques mois : après leurs 250 millions d’euros d’équipement, illes ont encore été bien entendu.e.s par un gouvernement qui ne tient que par elleux.

Ce projet prévoit aussi leur anonymat -mais illes ont déjà fortement tendance à se masquer et retirer leur matricule.

En d’autres termes, ce projet rendra légal ce qui est aujourd’hui minimisé comme « bavures » : tuer, en toute impunité.

La Ligue des Droits de l’Homme, le Défenseur des droits, le Syndicat de la magistrature et bien d’autres s’en inquiètent. Le projet doit être adopté prochainement, le Sénat l’ayant déjà voté.

http://www.lepoint.fr/justice/legitime-defense-des-policiers-le-projet-de-loi-qui-passe-mal-07-02-2017-2103069_2386.php

Logement pour tou.te.s

Nous préparons une présentation des résultats du programme Un chez soi d’abord qui fera l’objet d’un CR indépendant et de revendications. Il s’agit d’une expérience française scientifique et sociale, de logement et de soin à des personnes sans abri affectées par de lourds troubles psychiatriques ou des addictions, sans aucune autre condition.

Ce type de démarche nous vient des Amériques où il produit des résultats spectaculaires, même si l’amélioration est bien sûr toujours possible.

En attendant, voici un petit aperçu de ce que cela donne :

Présentation succinte par Viral Thread :

https://www.facebook.com/viralthread/videos/666157123556974/

La vidéo est issue d’un montage de cette interview du maire de Medicine Hat, sur la page youtube de BCPovertyReduction. Il explique les bases du projet.

This Canadian city has eradicated homelessness

This Canadian city has eradicated homelessness

Opublikowany przez Viral Thread na 4 lutego 2017

Les deux n’étant pour l’instant sous-titrées qu’en anglais, en voici les grandes idées :

  1. l’idée que loger plutôt que de laisser à la rue est moins cher est contre-intuitive, mais les résultats sont impressionnants.
  2. à partir du moment où vous êtes identifié.e comme étant sans abri, les pouvoirs publiques vous trouvent un logement personnel et permanent en dix jours.
  3. être sans abri est la seule condition d’accès à ce logement.
  4. Le maire qui a une expérience dans le traitement du cancer du poumon insiste : on ne soigne pas en traitant les symptômes mais en traitant la cause (valable pour les maladies des personnes sans abri et pour l’existence des sans abris).
  5. Il coûte 5 fois moins cher de loger des gens et leur procurer des soins médicaux que de « gérer » leur existence à la rue (meilleure santé, facilitation de la recherche d’emploi et de l’insertion, meilleure cohabitation).

Les faits divers des tréfonds du pire de l’âme humaine ♥

Calais, ses douches, ses procès : la mairie, soucieuse du respect des personnes, fait littéralement tout ce qu’elle peut pour empêcher les migrant.e.s de maintenir une hygiène de vie décente et le Secours catholique de les y aider. Littéralement tout : un attaché du cabinet de la maire a stationné sa voiture de façon à empêcher l’accès aux locaux, avant que la mairie ne fasse installer… une benne à ordures. https://www.mediapart.fr/journal/france/090217/calais-la-mairie-empeche-les-migrants-de-se-laver?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66
Qu’ont donc tou.te.s ces racistes avec les douches ?

Mineur.e.s isolé.e.s :

Nous relayons le message du collectif Les luttes des exilé.e.s à Nantes :

« [Urgent] Plus d’une trentaine de jeunes mis à la rue en 3 semaines.
Du jamais vu. Et ça continue. Faute de solutions, les jeunes se retrouvent désormais à la rue ou dorment dans la salle d’attente du CHU.
Le collectif de soutien aux MIE a urgemment besoin d’argent pour financer les démarches juridiques, la nourriture, les transports, les frais de scolarité, etc…
Nous avons également besoin de personnes disponibles pour nous rejoindre, ainsi qu’un plombier bénévole très rapidement. »

(Un plombier a été trouvé depuis).

Revoici le lien de la cagnotte de soutien ! https://www.colleo.fr/cagnotte/4483/solidarite-avec-les-jeunes-exile-e-s-a-la-rue-nantes

Et la page du collectif pour prendre contact avec eux : https://www.facebook.com/migrants44/?fref=ts

Pour rappel : un.e mineur.e n’a pas besoin de papiers pour être pris.e en charge par l’Etat quelle que soit son origine. Iel bénéficie légalement d’une présomption de minorité et d’une présomption d’authenticité des documents. C’est enfin aux autorités d’assurer l’établissement loyal de son dossier. Mais elles ne font pas leur travail et ce sont des bénévoles qui s’en chargent à leurs frais.
Ces dispositions sont garanties par la loi française et les conventions internationales sur la protection de l’enfance.
Ce sont l’Etat et les pouvoirs publiques qui sont hors-la-loi, pas ces enfants.

CETA :

Stop TAFTA 44 et le GIGNV ainsi que des membres de Nuit Debout amèneront un cercueil symbolisant la démocratie de la place Graslin à la Maison de l’Europe.

Cette dernière a la mission de faire le lien entre ce que décide l’Union Européenne et le peuple. C’est donc une association qui fait de l’information uniquement.

Celle-ci étant chargé de communiquer les informations entre les institutions européennes et les citoyens, il leur sera demandé de remettre ce cercueil aux institutions. Pourquoi ? Parce qu’en votant le CETA, le parlement européen votera pour enterrer la démocratie. Le but de la remise du cercueil est qu’ils assument de l’enterrer eux-mêmes par leur action, par leur vote.

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