CR du 27/01/2017

CR du 27/01/2017

Vœux de la maire et logement pour tou.te.s :

Nous nous sommes rendu.e.s à la maison de quartier de la Madeleine où Johanna Rolland prononçait ses vœux pour la nouvelle année, en venant  « à la rencontre » des habitant.e.s.
La rencontre était sélective car d’emblée, certaines personnes ont été contrôlées et interdites d’entrée par les policiers en civil présents. Sans que jamais soit délivré un motif explicite, ni aux concerné.e.s, ni aux autres.
Dans le prolongement du collage, nous avons distribué un tract informatif et revendicatif pour réclamer un logement pour tou.te.s sans condition. Aux informations du collage, nous avons ajouté quelques pistes de solution qui sont forcément connues des pouvoirs publics… puisque l’on peut les trouver sur des sites du gouvernement.

Liens du tract :

Le programme « Un chez soi d’abord« est une expérimentation en France du mouvement Housing First dont le principe de base est d’inverser la logique usuelle appliquée aux personnes sans abri : là où l’on considère qu’il faut être soigné, propre, sobre pour accéder à un hébergement ou un logement, Housing First c’est loger d’abord, sans condition.

Mais cette démarche pose aussi une question intéressante, surtout pour nos élu.e.s qui peuvent choisir entre loger les sans logis et les laisser à la rue : qu’est-ce qui coûte le plus, d’un point de vue humain et d’un point de vue économique ?

D’un point de vue humain, nous ne pouvons que perdre à ne rien faire : en laissant mourir des êtres humains et en perdant ainsi de notre humanité.

D’un point de vue économique ? Aussi, et pas qu’un peu.

Les premières études ont porté sur des groupes de personnes sans abri souffrant de graves troubles mentaux ou d’alcoolisme, des personnes nécessitant des soins importants et réguliers… c’est-à-dire, en termes bassement économiques, des gens qu’il coûte cher de « prendre en charge ». Le principe : proposer à des volontaires un logement, sans condition, en particulier sans exiger qu’illes cessent de boire, et leur donner un suivi médical et social.

Voici par exemple une étude parue en 2009 dans une revue internationale de médecine, sur une expérience menée aux Etats-Unis. Le texte est anglais mais cet article est cité dans les références… des expériences françaises comme Un chez soi d’abord.

L’analyse de coût conclut toujours à une économie tournant autour de 5000$ par personne et par an : il coûte des milliers de dollars ou d’euros de plus de laisser à la rue une personne, que de mettre à sa disposition un logement et un.e travailleur.se social.e.

Il y a même le potentiel pour créer des emplois.

Et cette démarche peut être étendue avec un certain profit à l’ensemble des personnes sans abri volontaires.

Les résultats de l’expérience française, menée dans quatre villes, seront publiés dans le courant de l’année 2017 s’il n’y a pas de retard mais les premiers aperçus sont encourageants.

En comparaison, la question du logement aura occupé environ 10 secondes du discours de la maire,

  • qui nous a rappelé qu’il y avait 2000 logements sociaux à Nantes ; toutefois une famille a quitté la salle en protestant énergiquement, qu’on faisait dégager les pauvres dans cette ville…
  • n’a pas dit un mot du plan grand froid mais peut-être était-ce parce que ce même jour, les personnes sans abris étaient bien dans les rues de la ville. Il est vrai que ce plan est d’une efficacité très relative : annonce du plan grand froid le 16/01, vidéos de Taranis News à Paris du 18/01 ,  du 23/01,
  • ni du traitement qui est infligé aux mineur.e.s isolé.e.s en violation directe avec des conventions internationales signées par la France et les lois françaises elles-mêmes.

Si certaines actions relèvent du préfet comme le plan grand froid, les maires ont des moyens d’action non négligeables et une responsabilité envers les personnes qui se trouvent dans leur ville. Rien n’interdit à un.e maire de mettre des logements vides à disposition des sans logis, par exemple.

Deux personnes ont été expulsées de la salle sans ménagement pendant le buffet.

A l’abordage et quelques membres de Nuit Debout avaient apporté des pancartes qui faisaient curieusement écho à cet incident. Elles ont suscité quelques photos et discussions avec des habitant.e.s du quartier et un vigile.


Marqueurs sur pancartes, auteur.e.s inconnu.e.s, 2017∼

La dernière pancarte fait référence à une conférence raciste qui se tiendra le 3 février à Nantes, dans des locaux mis à disposition par la mairie. Plus d’informations au paragraphe « Faire sauter le Zénith » plus bas !

Pétition et banderole à venir !

 

Présentation de Ma Voix,

expérimentation d’une méthode de représentation apartisane et sans programme. Le principe est de faire élire des personnes qui s’engagent à consulter la population avant chaque vote et de voter en respectant les proportions des différentes réponses issues de la consultation : par exemple 13% de oui, 34 de non, 20 d’opinion différente. L’objectif ? Hacker l’Assemblée nationale en juin 2017.
www.mavoix.info
wiki.mavoix.info
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Rencontres avec Bernard Friot sur le thème revenu de base contre salaire à vie :

Bernard Friot défend contre le revenu de base le salaire à vie. Comme expliqué dans cette vidéo d’Usul, le revenu de base est pour lui « une roue de secours du capitalisme » tandis que le salaire à vie a le mérite de réinterroger notre rapport au travail et les tâches que nous valorisons dans la société. Le simple fait que la notion de revenu de base fasse partie des thèmes introduits dans cette campagne présidentielle, avec le féminisme, comme autant de hochets politiques de dernière minute, invite à la méfiance. Le débat prévu au LU était donc très attendu. Il a cependant été annulé mais la projection au Katorza avec le Réseau Salariat a fait salle comble.

Le lendemain, une autre rencontre très informelle a eu lieu avec Friot à B17 dont voici un petit compte-rendu :

Un retour sur la rencontre avec Bernard Friot du samedi 21.
Apéro-débat organisé par le Réseau salariat.

Déjà un petit aperçu de l’ambiance : B17, ses posters anars, son absence de chauffage. Sur les tables, des plats apportés par les participants, des cubis et des packs de bière. Autour une petite trentaine de participants bien couverts, parmi eux un Bernard et trois Nuitdeboutistes, en pourcentage nous étions donc bien représentés (ND Nantes en force !) C., qui n’a pu rester jusqu’au bout, F. et moi-même, Camille. Bref, c’est détendu et bon enfant : au départ ça circule un peu et ça papote beaucoup, on échange avec l’invité de façon informelle.
Pas beaucoup de monde c’est assez surprenant, l’annulation au dernier moment de la conférence prévue la veille a peut être joué, et il y a eu dans l’après-midi une projection au Concorde du film la Sociale en présence de Bernard Friot, qui a elle fait salle comble, nous informent des camarades du Réseau salariat.
On est donc loin de l’ambiance un peu austère d’une vraie conférence débat, quand tout le monde a bien grignoté on amène des chaises et on forme un cercle. On passe aux choses sérieuses mais l’ambiance reste « à la cool ».
A vrai dire tellement à la cool que ce n’est qu’au bout d’une bonne heure qu’un copain se dévoue pour distribuer les tours de paroles parce que c’était vraiment trop le bazar.
La plupart d’entre étions familiers avec le projet défendu par Bernard Friot, donc on a attaqué tout de suite dans le vif du sujet. J’invite tous ceux qui n’ont qu’une vague idée de ce dont il s’agit à regarder l’excellente vidéo d’Usul sur le sujet.
Mais avant de rentrer dans le détail il faut que je précise deux choses.
La première c’est que l’idée de Bernard Friot n’est pas une solution clé en main. Ceux qui s’attendent à un guide qu’il suffirait de suivre en seront pour leur compte. Non, beaucoup de choses restent à penser, à prévoir, à imaginer. Bernard Friot est lui-même quelqu’un de très humble, quand il ne sait pas, il dit tout simplement qu’il ne sait pas. Et nous l’avons souvent poussé hors de son champ d’expertise, et là il était comme nous : simplement quelqu’un qui cherche et qui espère.
La deuxième c’est que son projet est profondément radical, pas juste une mesurette comme le revenu de base. Non là c’est du lourd : un projet pour sortir du capitalisme. Suppression de la propriété lucrative, réappropriation des outils de travail par les travailleurs, organisation coopérative des entreprises… Pour atteindre un tel objectif les délais s’imaginent en décennies.
C’est F. qui inaugure en questionnant Bernard sur les écarts de salaires de son projet (de 1 à 4, donc avec un salaire minimal à 1500€ le maximum est de 6000). Pourquoi tous les salaires ne seraient-ils pas égaux ?
Bernard nous explique que ce facteur 4 est extrapolé de ce qui avait été mis en place au lancement de la sécurité sociale et qui lui semblait donc un écart réaliste (oui c’est vague, je ne me souviens plus du détail). Pour le minimum de 1500€ le chiffre vient tout simplement des revendications de ses amis syndicalistes.
S’ensuit un long débat sur la nécessité de la récompense par le salaire, avec beaucoup de thèmes abordés : le cas des études longues, des travaux pénibles, l’importance de l’intérêt personnel pour le métier qu’on occupe. Quelqu’un relève le fait qu’un système de ce type avantage forcément les plus âgés, qui seraient systématiquement mieux payés que les jeunes qui débutent.
Le débat évolue ensuite sur la question du logement. Dans le projet, la location disparaît, plusieurs pistes sont envisagées : de la gratuité totale des logements jusqu’à l’idée d’un fond de départ (le chiffre de 150 000 € est avancé) qui serait attribué à chacun indistinctement pour acquérir son logement. Mais la question des inégalités entre ville et campagne et entre régions se pose toujours. Un autre obstacle évoqué est le cas des petits propriétaires dont la location de leur bien constitue un revenu vital.
L’idée est que si la propriété lucrative disparaît (il est illégitime de tirer un revenu de quelque chose que l’on ne fait que posséder) la propriété d’usage existe toujours (on est propriétaire du logement que l’on occupe).
On enchaîne ensuite sur un petit aparté : pour Bernard il y a deux types de militants.
Les militants « classiques », qui pensent changer la société au niveau « macro » en transformant les institutions, catégorie à laquelle il dit appartenir. Et les militants de « l’ici et maintenant » : ceux qui se lancent avec les moyens du bord et testent de nouvelles solutions, sans attendre de pouvoir agir sur toute la société (genre nous quoi ^^).
Pour lui les deux démarches se complètent et sont tout aussi importantes, il aimerait que les deux types de militants puissent mieux se comprendre et agir ensembles.
On reprend le débat sur les monnaies locales, pour le coup qui sont clairement un exemple d’action de type « ici et maintenant ». L’objectif serait de s’affranchir de la financiarisation, un problème demeure cependant : s’il est possible de créer de nouvelles monnaies elles sont illégales si elles ne sont pas indexées à l’euro. En l’état elles ne permettent donc qu’un petit protectionnisme local qui repose uniquement sur la bonne volonté des populations.
Mais ne pourrait-on pas se passer totalement d’argent ? Bernard Friot ne penche pas pour ce type de solution : pour lui l’argent est un moyen de normaliser les rapports sociaux, il a donc un effet d’atténuation de la violence. Pour lui dans les sociétés sans argent la violence sociale est beaucoup plus importante, le poids des religions et des traditions empêche presque toute possibilité d’évolution de la société.
Le thème suivant abordé est complexe, on y parle de l’échelle sur laquelle agir : une réforme seulement en France ne constituerait elle pas une forme de repli nationaliste ? Pourrait-elle servir d’exemple et entraîner les autres peuples ? Que penser de l’internationalisme ? Frédéric Lordon est cité à plusieurs reprises.
Ça parle de commerce international, de ressources naturelles rares, au bout d’un moment cela devient philosophique, des expressions comme « production endogène » sont utilisées. Moi je bois ma bière.
La conversation évolue vers la propriété intellectuelle, les brevets, la musique.
On cite en exemple les logiciels libres et l’idée de la licence globale. Puis on aborde le sujet des intermittents du spectacle.
Le statut particulier des intermittents est intéressant, en fait le point qui émerge c’est la possibilité de transformer la société par petits bouts : par métiers ou par secteurs. Pour certains cela peut sembler plus facile ou allant de soi : les journalistes, l’éducation (par exemple les étudiants pourraient devenir fonctionnaire stagiaire dès la première année de thèse).
Enfin on aborde la question des syndicats, pour Bernard, les travailleurs savent souvent mieux que leurs dirigeants comment faire marcher l’entreprise. Et c’est même particulièrement flagrant dans le cas des groupes, les syndicats ont maintenant acquis des connaissances étendues sur leur propres fonctionnement.
Donc c’est simple, c’est aux travailleurs de s’organiser afin de réclamer la propriété de leur entreprise.

Echange sur le thème de la non/violence :

synthèse d’échanges tenus ces dernières semaines avec des membres de diverses organisations non violentes. Des street medics de Nuit Debout Nantes ont rapporté leurs expériences sur le terrain en manifestation. Il ressort de ces échanges que la violence et la non violence sont toujours définies localement par des groupes différents ; ces définitions ne dépassent pas le cadre de ces différents groupes.
Nous sommes quand même heureux.ses d’avoir amené certain.e.s à réviser leur perception de la violence des autres, particulièrement celle qu’illes perçoivent des soit-disant « casseur.se.s ». Ce qui est violent pour l’un.e, détruire du matériel, ne l’est pas pour un.e autre, qui définit la violence comme l’atteinte physique et/ou morale à une personne. Ce n’est pas une raison suffisante pour se rejeter au moment où la convergence des luttes est plus que jamais nécessaire.
Excellent reportage vidéo c’est qui les casseurs ? dans lequel les motivations des un.e.s et des autres sont expliquées directement par les concerné.e.s minutage des définitions de violence et de motivation. Celles des « casseur.se.s » sont à partir de 22 minutes.

Il est particulièrement instructif aujourd’hui que s’opposent des expressions comme « violences contre matériel » (une pensée pour les familles des vitrines…) et « agression publicitaire« . Ce problème de perception de la violence n’est pas qu’une affaire de manifestant.e.s et de policier.ère.s mais engage l’ensemble de notre société.

Faites sauter le Zénith :
Le week-end prochain, la maire met ses locaux à disposition de Jean-Yves Le Gallou… qui viendra propager des thèses racistes et haineuses en toute impunité.
Toute ? non… une contre-manifestation d’irréductibles anti-racistes et anti-fascistes se prépare !

 

Le 21/01, action contre le CETA avec Stop Tafta 44 et le GIGNV :
Quelques photos ici
et là avec leurs explications.

Une centaine de personnes se sont rassemblées ; il faut savoir que de nombreuses réunions avaient lieu le même jour. Une certaine confusion ou un réflexe navrant de certain.e.s passant.e.s : « ah, c’est encore l’aéroport ».

Cette  action se prolongeait par une conférence le 24 avec Frédéric Viale, à l’université de Nantes.
On notera une bien belle perle des Républicains qui ont réussi à retweeter une action contre le CETA alors qu’illes sont pour et s’en félicitent

« Quand le parti « les républicains 44 » retweet notre action dénonçant le vote des leurs eurodéputés en faveur du #CETA amenant poulet lavés au chlore, bœufs aux hormones, OGM,… »

 

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