CR du 09/12/2016 :

CR du 09/12/2016 :

Effectif : 11

Il aura particulièrement été question des personnes précaires lors de cette AG.

 

Sébastien de la commission SDF de Nuit Debout Paris nous relaie le décompte des morts de la rue réalisé par le collectif du même nom au 26/09/2016 : 388. Le collectif recense ces morts et tâche de les identifier :

« Ces hommes et ces femmes sont morts. Leurs noms sont publiés pour les honorer. Leur mort est un scandale qui doit interpeller chacun à un niveau personnel comme collectif, et quelles que soient nos appartenances politiques ou religieuses. »

Le collectif recense chaque année environ 500 morts officielles et rappelle deux chiffres :
On meurt vers 49 ans dans la rue.
Il y a probablement 6 fois plus de morts.

 

CR de la réunion de coordination régionale du 03/12 pour l’aide aux sans papiers/immigré.e.s :

Deux membres de ND Nantes sont allé.e.s à la rencontre des associations. Il y a eu deux temps de cette journée :

1 Présentation du fonctionnement de la nouvelle loi sur l’immigration. Cette loi s’assouplit –relativement- pour les étrangers.ères de certaines catégories qui concernent soit très peu de personnes soit des personnes présentant un intérêt pour l’Etat : étudiant.e.s très diplômé.e.s, investisseur.se.s à hauteur de 300 000€ minimum et même « étranger.ère.s de renommée internationale ». Un « passeport talents » ouvrira un véritable parcours vip à ces personnes, loin des tracas administratifs que l’on fait systématiquement subir aux étranger.ère.s. L’inégalité de traitement est donc carrément institutionnalisée !
L’argent économisé sur ces procédures facilitées sert alors à financer la répression sur les autres : personnes demandeuses d’asile, réfugié.e.s et globalement toute personne ne présentant pas un intérêt aux yeux du gouvernement, sont au contraire particulièrement pénalisées.
On remarque une criminalisation de ces personnes avec une extension des troubles à l’ordre public, une systématisation des assignations à résidence et des mesures de rétention, une interdiction de retour sur le territoire de 3 ans après la deuxième OQTF (obligation de quitter le territoire)… ou une interdiction de circulation visant les Roms, officiellement : les Européens qui abusent de la liberté de circuler. Les mesures sont aménagées pour faciliter l’expulsion des personnes et empêcher leur retour. L’assignation à résidence se fait de plus en plus au périmètre de la commune, empêchant activité professionnelle ou contact avec un.e avocat.e.

Tour des villes :
On note globalement une stratégie visant à rejeter de plus en plus de missions sur les associations et collectifs bénévoles ; ces derniers se retrouvent à assurer à leurs frais des missions d’alphabétisation, de logement, de soins… qui devraient être prises en charge par l’Etat via le conseil départemental au sein d’une procédure d’accueil et d’accès à l’autonomie. Le but, visible dans certaines localités, est de saturer ces associations, épuiser les bénévoles et les pousser à abandonner leurs activités.

De plus, avec la nouvelle loi plus répressive, les associations voient leur marge de manoeuvre légale limitée et certaines personnes déplorent de ne plus pouvoir proposer de solution aux personnes précaires, de devoir tenir le même discours de peur que l’Etat.

Blain : des familles occupant indument des appartements du CADA ont été expulsées par les forces de l’ordre et ont dû être relogées dans des appartements à la charge de l’association. Ces familles seraient aujourd’hui autonomes sans expulsion, et l’un des logements libérés est toujours vide.
Rennes a annoncé avoir renoncé à la stratégie de maintien des personnes/familles au CADA, les recours devant le tribunal administratif échouant systématiquement.

L’association Alter Egaux de Laval est en difficulté depuis deux ans et a décidé de ne plus accepter de dossiers et de cesser ses permanences fin novembre. La décision a été dure à prendre alors que de nombreuses familles déboutées de l’asile arrivent à Mayenne. Le centre d’accueil du 115 est saturé. Les assignations à résidence se multiplient, y compris pour des familles avec enfants. Malgré une mobilisation importante de la population et l’intervention des élu.e.s locaux.ales, ces familles se retrouvent à la rue avec des enfants parfois en très bas âge. Tous les recours sont déboutés et les familles reçoivent des OQTF avec délai de un mois, et dès le recours devant le tribunal administratif sont assignées à résidence.
Les membres de l’association présent.e.s rapportent un sentiment d’impuissance et donnent à voir une très claire stratégie de pourrissement malheureusement très efficace : peu à peu les associations et collectifs de soutien sont obligés d’assurer de plus en plus de missions à leurs frais, qui relèvent pourtant de l’Etat ou du département.

Lannion : la situation est bien meilleure pour le moment avec une préfecture moins agressive. Une flash mob a eu lieu le 23/11 qui a rencontré un beau succès.

Bégard : les membres ont rapporté le cas d’un jeune mineur dans une situation absurde : pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, il était prêt à entrer dans un parcours plus autonome, avec un contrat d’apprentissage signé, mais ses papiers sont bloqués à la Police Aux Frontières de St Malo, alors qu’il sera expulsé le 12/12 s’il n’est pas entré en apprentissage.

Morlaix : une situation contrastée avec d’un côté une mobilisation importante des petites mairies pour venir en aide à des familles albanaises mais d’un autre côté la destruction sans décision de justice du squat de Roscoff et un retard, voire un refus, de certaines aides qui semble cibler spécialement les Albanais.e.s. Le sous-préfet et le CNDA refusent leurs dossiers avant examen sous prétexte qu’il n’y a que peu d’espoir que ces dossiers aboutissent à une reconnaissance d’asile.

Nantes : des membres du Gasprom ont rapporté leurs actions pour le logement d’une centaine de sans-abris à Nantes et des 150-200 mineur.e.s isolé.e.s rejeté.e.s par le conseil départemental au motif qu’illes ne seraient pas mineur.e.s. Rappelons que la procédure recommandée par le gouvernement pour déterminer l’âge des jeunes est décriée par l’Académie de médecine, le Comité consultatif national d’éthique, les associations et aussi sur la scène internationale.
Il semble que la maire se dédouane de ses responsabilités d’accueil et d’accompagnement sur l’Etat : c’est une pratique hélas courante que l’on appelle le « ping-pong institutionnel », au cours de laquelle l’Etat et la municipalité/le conseil général se rejettent mutuellement la responsabilité de ces actions tandis que ce sont les associations et collectifs bénévoles qui font gratuitement leur travail.
Des éclaircissements ont été apportés au sujet de l’expulsion du squat du presbytère de Doulon, mettant clairement en lumière la volonté des pouvoirs publics de garder la date de l’expulsion surprise en ne prévenant que la presse la veille de l’expulsion. Les associations et les personnes expulsées n’ont ainsi pas pu organiser un relogement. En particulier une dizaine de personnes qui n’étaient pas présentes ce jour-là n’ont pas pu être relogées et ont perdu toutes leurs affaires, y compris des papiers d’identité ou de procédures en cours et des cartes de crédit. Deux personnes présentes rapportent que deux pleins containers d’objets divers ont ainsi été envoyés à la déchetterie.
Il semblerait que l’Eglise ait été divisée sur ce sujet, l’évêché ayant fait pression pour récupérer le presbytère et tenir l’expulsion secrète jusqu’au dernier moment et une autre partie de l’Eglise s’opposant à l’expulsion.
Il ressort pourtant de ce CR que la population est largement favorable à un accueil inconditionnel des personnes, migrantes, réfugiées, sans papiers…
Le Droit au logement mène une action collective en justice contre le conseil départemental au sujet de cette expulsion.

Au sujet des mineur.e.s isolé.e.s, le conseil départemental considère avoir atteint son quota. 50% des jeunes se voient donc déclaré.e.s majeur.e.s et les autres sont jeté.e.s seul.e.s dans des hôtels (pourtant plus chers que les structures d’hébergement dédiées) où leurs moindres faits et gestes sont surveillés. Illes n’ont pas toujours accès à trois repas par jour, ou à des repas chauds. Ce sont encore des bénévoles qui s’occupent de leur apporter un soutien ou de les aider à concrétiser leurs projets de scolarisation et d’apprentissage.
Un phénomène qui prend de l’ampleur : la notification massive de fin de prise en charge, qui fait jouer la pression hôtelière sur les jeunes. Récemment, s’y ajoute la coupure de toutes aides de jeunes pris en charge, avec contrat de travail, logement, une semaine avant leur majorité.
On y reconnaît une autre stratégie de saturation des associations, particulièrement malveillante envers des personnes sur le point de devenir autonomes.

Nuit Debout Nantes a ensuite présenté son projet de banquet de Noël, en coopération avec le Gasprom et le collectif de soutien aux MIE. Elle s’est aussi proposée d’aider à la communication autour des pratiques inacceptables des pouvoirs publics, chose que les associations saturées n’ont pas le temps de faire.

Rennes : les actions sont en baisse et sont recentrées sur la nouvelle loi et une campagne contre les expulsions. Tous les mardis à 18h des rassemblements sont organisés sur les clichés liés à l’immigration.
Le MRAP rapporte l’augmentation du nombre de personnes déboutées ainsi que la mobilisation des établissements scolaires qui a réussi à empêcher deux expulsions. Notons que depuis la stratégie des autorités consiste à contourner les enseignants lorsqu’il s’agit de faire jouer les institutions scolaires.
L’association Un Toit, Un Droit gère un gros squat de 200 personnes depuis juin et bataille avec 26 autres organisations pour obtenir de la ville le chauffage du bâtiment, une ancienne maison de retraite. Cependant la ville et le COMODA tentent de leur imposer une convention affirmant l’illégalité du squat et qui ferait des associations les propriétaires légales du lieu. Donc les justiciables, à la place des pouvoirs publics.

La réunion de coordination s’est achevée avec la discussion du projet de Caravane :

 

MIE de Nantes :
En prévision du banquet du 17/12, trois membres du Collectif de soutien aux mineur.e.s isolé.e.s nous ont rencontré.e.s lors de l’AG et nous ont fait profiter de leur expérience auprès des jeunes, rectifiant certaines de nos idées à leur sujet.

Les appels à produire images, poèmes, témoignages que nous pourrions relayer auprès de la population… sont difficiles à mettre en œuvre :

• D’abord car les jeunes sont « en mode survie » et ont besoin d’aide professionnelle, pas de faire de la communication. Illes se retrouvent bloqué.e.s sur la communication et lorsqu’illes se mettent à raconter leurs histoires les traumatismes ressurgissent. Illes ont également peur de faire étalage de leur histoire sur la place publique pour rien.
• Les personnes sur le terrain n’ont pas le temps de recueillir elles-mêmes.

Le collectif a porté à notre connaissance un événement de soutien :
Vente d’illustrations au profit de l’accueil des réfugiés, le mardi 13/12, à l’initiative de l’association Encrages : vernissage à 18h30 ; Bar le Brocéliande ;

et exposition-vente du 05/12 au 05/02/2017.

 

Le banquet de Noël du 17/12 : le repas n’aura lieu que le soir, il n’y aura pas de restauration le midi. Le programme est pour l’instant le suivant :
• Ouverture à 14h pour mise en place,
• 14-15h discussion libre
• 15h-19h concert,
• 19h banquet puis soirée dansante.
Un atelier pour enfants avec du maquillage sera organisé pour accueillir les familles. Nuit Debout St Nazaire nous rejoindra pour cette soirée.

L’entrée et le repas à prix libre, ainsi que les dons récoltés, serviront à financer les procédures administratives pour les jeunes, leur logement, scolarisation, etc. Vous pouvez d’ores et déjà faire un don sur le pot commun en ligne du collectif.

Toute aide sera bienvenue, vous pouvez vous inscrire prochainement sur un planning bénévole en ligne pour aider toute la journée.
Le lendemain, journée de la dignité à Paris, une communication internationale sera mise en place avec Paris et d’autres villes, dont peut-être Alep, en début d’après-midi (13 à 16h). Ce sera l’occasion de raconter le déroulement du banquet, de faire parler les bénévoles et d’expliquer les motivations de chacun.e.

Le Puy-en-Velay organise le 18/12 une marche départementale pour la Journée internationale des migrant.e.s et réclamer des papiers pour tou.te.s.

A Rennes, auront lieu une manifestation de soutien au Squat de la Potherie le mercredi 14/12 et un concert de soutien aux réfugié.e.s le samedi 18/12. ND Rennes s’est proposée d’aider les organisateur.rice.s de ces deux événements.

A Strasbourg, les gens se mobilisent autour de 500 sans abris, dont 70 enfants, qui dorment dans les rues pendant que se tient le marché de Noël.

 

Economie :
Le Groupe d’Intervention des Grenouilles Non Violentes (GIGNV ) s’est fait remarquer ce samedi avec une manifestation festive de « fraudeur.euse.s fiscaux.ales ». Leur compte-rendu est accessible sur leur page FB et la presse locale l’a relayée.

Le 7 janvier aura lieu la CETA walk avec le collectif Stop TAFTA, à partir de 15h30. Il s’agit de faire une marche festive sur le modèle des zombies walks pour illustrer avec humour les conséquences du CETA : que devient-on après des années à manger du poulet lavé au chlore, du boeuf aux hormones ? Prochaine réunion le 19/12.
Le 16/01 ou 18/01 le collectif organisera une conférence à la fac sur ce même thème, dans un amphi loué.

Divers :
Deux membres sont allé.e.s participer à la rénovation du patrimoine matériel de la Cour des Aulnays qui nous avaient accueilli.e.s pour les rencontres interND. A l’initiative de Geneviève, propriétaire des lieux, cette rénovation du matériel se fait en préservant aussi un patrimoine immatériel de savoirs anciens : les travaux de rénovation d’isolation ont donc été faits à la chaux et avec des matériaux locaux.

34 ND sont ouvertes à l’organisation d’actions communes, la coordination progresse.

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