CR du 07/10/2016

CR du 07/10/2016

Effectif : 8+

Thèmes : ZAD, soirée anti-répression, coordination nationale et choix des actions

Un rendez-vous avec des membres de Nuit Debout Rennes est prévu pour le lendemain.

Coordination nationale :

Un groupe sur facebook rassemble des personnes issues de différentes Nuit Debout pour réfléchir à l’organisation de la coordination nationale, peut-être sous la forme d’un collectif impliquant toutes les Nuit Debout. Un appel à volontaire de Nantes pour relayer et gérer ce qui se passe sur cette page est lancé.

Différents points de vue sont confrontés sur l’organisation.

Un premier point est le mediacenter et l’appel de certaines personnes à le reprendre : l’intervenant.e qui rapporte le problème ce soir insiste sur le fait que nous n’avons pas à Nantes toutes les informations sur cette récupération du mediacenter, rendant problématique toute intervention. Iel propose plutôt de laisser les personnes qui sont effectivement sur place choisir la marche à suivre et de relativiser l’importance du mediacenter tant qu’il n’existe pas encore de coordination nationale. A terme, lorsqu’une telle coordination existera, ce sera à elle de décider comment agir sur ce problème.

Plusieurs propositions coexistent sur la forme que devrait prendre la coordination nationale : actions communes ? texte commun ? texte de présentation de Nuit Debout, ou de revendication ?

Pour l’intervenant.e, les actions communes sont à privilégier ; si un texte commun doit être rédigé, il devra être très court, rassembler des principes communs.

Un projet de cartographie des aspirations des Nuit Debout a été proposé il y a quelques semaines, qui pourrait servir à synthétiser ces principes et lister également les points de désaccord. Cette cartographie peut être un point de départ pour ce texte commun.

Les actions communes depuis Nantes concerneraient 3 points prioritaires : la ZAD, la lutte contre la répression, les migrant.e.s.

InterAG :

Nantes a pu se connecter avec un peu d’aide de personnes de Metz et Grenoble à l’interAG des Nuit Debout prévue pour se tenir le premier vendredi de chaque mois. Une bonne dizaine de personnes étaient connectées, beaucoup pour écouter ce qui se disait dans cette interAG. C’était aussi le cas à Bouffay ce soir avec les points à faire sur la journée du 8 à la ZAD. Pour les prochaines fois, les référent.e.s Mumble resteront connecté.e.s sur l’interAG pour en faire un compte-rendu et échanger. Toute autre personne bien au courant des discussions de Nuit Debout Nantes pourra bien sûr s’exprimer !

Soirée anti-répression du 15/10 : Journée des luttes

Elle aura lieu pendant la semaine de mobilisation anti-TAFTA, anti-CETA et rassemblera des personnes de différents mouvements de lutte. Elle fera écho à la « journée des luttes » à la fac, le mercredi 12 octobre qui s’articulera en trois temps, autour de la conduite en manifestation, la défense de la ZAD et la répression, avec des activités en plein air. Le samedi 15 se veut complémentaire de cette démarche, avec des interventions de différents mouvements, l’invitation de syndicats, projections, et banquet. Ce sera l’occasion de lancer un appel à action, probablement pour le 19-20 en soutien au procès des salariés Goodyear à Amiens. Illes ont prévu, en convergence avec Nuit Debout, une « Relaxe Debout » en soutien à leurs membres visé.e.s par le procès.

« Non seulement parce que c’est la première fois depuis un demi-siècle que des salariés qui se sont battus pour garder leurs emplois écopent d’une lourde peine de prison ferme, mais aussi parce nous savons tous qu’Hollande et Valls veulent faire des Goodyear un exemple pour intimider tous ceux qui luttent et qui refusent de baisser la tête. »

ZAD : quel discours présenter à la réunion de NDDL ?

Nuit Debout à Nantes :

La réorganisation se poursuit. L’événement du 15 a été créé rapidement et en commun avec d’autres comités de lutte, encourageant à continuer dans cette voie ; les plus jeunes se montrent particulièrement déterminé.e.s. La convergence doit se développer encore davantage, par sympathie mutuelle et organisation d’actions communes. Cela passe par un long travail de mise en confiance et de prise de contacts.

La communication et les AG ne semblent plus efficaces, les actions directes non violentes seraient à privilégier. L’idée serait de prendre contact avec de tels mouvements de lutte, reprendre leur nom pour s’associer à certaines de leurs actions et inversement les inviter à reprendre le nom de Nuit Debout pour d’autres. Il s’agit de dépasser le clivage engendré par le nom et rappeler en pratique que le mouvement est ouvert à tou.te.s sans prérequis autre qu’un minimum de bienveillance envers chacun.e.

L’idée de « tags de sympathie » a été proposée : lancer un tag Nuit Debout/autre mouvement qui puisse être repris facilement par n’importe qui souhaitant montrer sa sympathie à une action ou un mouvement.

A l’occasion du forum des luttes, les rapports complexes entre femmes en lutte et syndicalisme ont été présentés et débattus. La personne qui fait ce soir le compte-rendu de cet événement indique que le message ne lui a pas paru très clair sur le moment, tout en étant consciente de ses propres sensibilités en tant qu’homme sur le sujet ; c’est au moment du repas, après le gros des débats et des films présentés, que le message s’est fait plus clair pour lui : les femmes qui luttent retrouvent souvent les mêmes obstacles au sein des mouvements syndicaux que dans la société patriarcale en général, ce qui est paradoxal puisque ces mouvements se battent précisément pour des droits et une émancipation. S’en est suivi un atelier mixte intitulé « Pourquoi le féminisme n’est pas fini ? » animé par Coco, militante féministe. Il faudra reprendre contact et discuter en vue de prochaines mobilisations.

La convergence des luttes est en train de se faire, il faut continuer dans cette voie.

Prochaines échéances politiques :

Plusieurs propositions d’actions avaient été faites :

  • Présenter des personnes aux législatives et/ou aux municipales : l’idée a été abandonnée car bien trop chère (ce qui en soi invite à réfléchir aux limites de ce fonctionnement).
  • Relayer plus d’informations sur les autres mouvements ? C’est déjà le cas via le compte facebook Nuit Debout Nantaise et sur le compte twitter du même nom. La communication ne semble pas suffisante pour mobiliser les personnes.
  • Se servir des panneaux d’affichage qui vont se multiplier pour diffuser des messages courts.
  • Lancer une opération de réclamation d’un audit citoyen sur les dépenses publiques, en jouant du droit de regard citoyen sur les dépenses des élu.e.s. Coordonnée nationalement, par exemple sur un même jour, cette action pourrait avoir un impact fort.

Un débat s’est engagé spontanément sur les motivations qui poussent à voter ou ne pas voter, et les effets des formes de vote choisies :

  • Pour un.e intervenant.e, il est primordial de voter pour exprimer son opinion et revendiquer en quelque sorte un droit de contester ce qui sera fait par les élu.e.s s’iels ne respectent pas leurs engagements ou simplement ne sont pas celleux pour qui on a voté. Il vaudrait donc mieux voter, voire voter blanc, que de s’abstenir. Les politiques ont besoin de l’opinion, et exprimer son désaccord par le vote blanc serait leur opposer une opinion contraire.
  • Pour plusieurs personnes, cette implication voter=>droit de contester n’est pas valide. S’abstenir est présenté comme une contestation profonde du système de vote et de ses faiblesses actuelles ; par rapport au vote blanc, l’abstention a le mérite de dénoncer le système de vote actuel, et pas seulement l’insatisfaction face aux candidat.e.s proposé.e.s. De plus, l’idée que l’abstention interdit de contester le résultat du vote a déjà été avancée… contre le vote blanc !
  • L’interprétation médiatique de l’abstention reste problématique, avec une image de mauvais.e citoyen.ne, fainéant.e, très ancrée. Toutefois, le vote blanc ne donne lieu à aucune interprétation intéressante non plus.
  • Pour une personne, le vote blanc peut même être un piège s’il « réussit » : on se trouverait face à de nouvelles listes électorales mais dans un système inchangé, à une fausse ouverture qui interdira d’autant plus de contester la légitimité du système (de vote).
  • Il est rappelé que le député De Rugy travaille à faire reconnaître le vote blanc, mais que c’est aussi une manière de renforcer l’importance des petits partis, d’asseoir l’autorité des élu.e.s, de relégitimer le système de vote sous sa forme actuelle. Plus préoccupant, un texte de loi revient régulièrement à l’Assemblée nationale avec une proposition pour rendre le vote obligatoire contre amende, comme cela existe déjà en Belgique par exemple. Cette idée du vote obligatoire illustre le décalage entre des élu.e.s qui sont en crise de légitimité, leur légitimité venant des votes, et le refus de voter d’un nombre croissant de citoyen.ne.s. Avec l’imposition d’amendes, le vote obligatoire forcerait une légitimité de façade tout en permettant de lever des fonds…
  • L’élection est le seul argument de légitimité des élu.e.s actuel.le.s, leur programme n’a pas de poids et il n’y a pas d’obligation de le respecter. Le président l’a rappelé plusieurs fois cette année en rappelant qu’il a été élu… et en se détournant de son programme de campagne.
  • Pour plusieurs personnes, indépendamment de leur choix personnel sur le vote, la loi travail a montré que le vote ne compte simplement pas si le gouvernement le décide.
  • Pour deux personnes, voter ou pas est en dernier lieu une décision personnelle, à prendre indépendamment de l’avis des gens.
  • Il ne faudrait pas juger ce choix mais plutôt s’interroger sur l’efficacité des différentes options : voter pour, voter contre, voter blanc ou s’abstenir… pour l’heure les différentes formes de vote se révèlent incapables d’apporter le changement voulu ; comment faire ?
  • Un peu plus optimiste, un.e intervenant.e voit une évolution dans des annonces de petits aménagements du système de vote comme la proposition de comptabiliser le vote blanc. Ces thématiques n’étaient même pas prises en compte avant.
  • Pour un.e autre, en période électorale les candidat.e.s feront semblant d’être à l’écoute. Mais comme on l’a vu cette année, face à une mobilisation massive, iels passeront en force. Cette personne, qui se dit non violente, regrette que la seule chose qui les inquiète vraiment soit la violence du peuple.

Le débat a ensuite évolué vers les propositions de mise en place de changements locaux, sans attendre de bouleversement national :

  • Quelqu’un a proposé une sorte de charte dont les signataires s’engageraient à ne pas appliquer la loi travail dans leur entreprise en restant « mieux-disant » (en continuant de garantir des droits sociaux plus importants que dans la loi) ou à refuser de s’impliquer dans des travaux inutiles et contestés comme le chantier de NDDL.
  • Une telle chose serait désormais interdite depuis la loi travail : on ne peut plus être mieux-disant que la loi. Les seuls aménagements possibles relèveraient de la fraude et pourraient coûter très cher à tout le monde. A noter, la mieux-disance d’un contrat était déjà quelque chose de difficile à faire valoir administrativement. Toutes informations supplémentaires sur ce point sont les bienvenues.
  • On bloque tout souhaite créer un recueil de témoignages sur les effets de la loi travail. On pourrait passer par elleux et les syndicats pour s’informer davantage et s’organiser. De même pour NDDL, l’ACIPA représente la partie officielle et légale de la lutte.
  • Il y aurait de toutes façons une masse critique à atteindre d’entreprises en désobéissance civile par rapport à la loi travail, au moins pour éviter un effet d’intérêt personnel.
  • Il ne faut pas oublier que les patrons des PME-TPE ont une boîte à faire vivre, et qu’une position idéologique sera secondaire face à cet impératif. Il faudra les aborder avec un autre type de discours. C’est le problème de notre société où c’est aux patron.ne.s de payer les salarié.e.s. Il faudrait trouver un moyen de permettre aux entreprises de continuer à fonctionner tout en se positionnant quand même. Il faudra discuter directement avec les patron.ne.s prêt.e.s à faire autrement.
  • Un commerçant de la rue de Strasbourg a tenté une telle discussion pour mettre en place une caisse de soutien en cas de dégâts pendant les manifestations. Il a aussi tenté d’amener des idées comme l’approvisionnement en circuit court, mais a été peu écouté par les patron.ne.s du centre-ville. Globalement, les PME sont débordées. Pour les rallier, il faudra leur amener un projet tout fait, et auquel iels pourraient souscrire : ce qui est difficile quand on n’est pas exactement à leur place.
  • Une personne est entrée dans une entreprise comme RH pour obtenir cette vision ; il faut travailler à réunir d’autres personnes qui sont de la même manière en interne pour que la discussion soit possible. Des personnes syndiquées sont à contacter aussi, qui connaissent bien le sujet et les potentielles solutions alternatives.

Le débat passe sur la fonction publique et la privatisation :

La fonction publique est de plus en plus sabordée par un Etat qui devient un organisme de sauvegarde des très grandes entreprises privées : hôpitaux, recherche, télécoms… aujourd’hui Carsat et Pôle emploi sont en cours de privatisation. Il ne reste encore que la SNCF qui soit un peu publique. C’est d’autant plus dangereux que la gestion du pays passe ainsi à de grandes entreprises plutôt qu’aux gens qui y vivent et sont les mieux placé.e.s pour connaître ses forces, ses faiblesses et son fonctionnement.

Un témoignage sur le logement social, qui souffre aussi de ces pratiques : depuis 3 ans le logement social fait face à des problèmes de gestion, et n’a pas de syndicats. Le soir du mardi 27/09, jour de la venue du premier ministre pour le congrès du logement social, une réception a été donnée par les patron.ne.s de ce milieu et la Fage. A cette occasion, tou.te.s les employé.e.s qui ne sont pas venu.e.s à la réception ont été fiché.e.s.

Programme pour préparer les prochaines actions :

  • Prises de contacts. Mouvements de lutte, salarié.e.s de Gazprom, militant.e.s du Droit au Logement…
  • Fixer une date de rassemblement avec des personnes du milieu de l’entreprise pour une soirée thématique sur la loi travail, entre autres.
  • Question du local : toujours en cours.
  • L’information servira à la communication pendant l’action. Rappel de l’idée d’action de détournement de la publicité avec un format d’affiche ou pochoir facilement reconnaissable et qui délivre un message bref.
  • Opération de redécoration de la ville après le 15/10.
  • Réunion de la commission Processus constituant mardi 11/10. Elle travaille depuis plusieurs mois à une nouvelle déclaration des droits de la personne humaine. Il s’agit maintenant de lancer un processus de rédaction de cette nouvelle déclaration, du 1er novembre ou décembre au 31 mars : l’objectif est de communiquer sur et de tester une méthode d’écriture collaborative.

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