CR du 23/09/2016

CR du 23/09/2016

Effectif :
Thèmes : candidature de Jean-Luc Mélenchon, ZAD, mineur.e.s étrangers.ères isolé.e.s et appel à solidarité, actualité locale, conférence de Franck Hermann sur l’autonomie.

Soutenir ou non la candidature de Mélenchon ?
La question de soutenir cette candidature se pose pour plusieurs personnes, mais il reste difficile de l’aborder et la débattre pour diverses raisons. Pierre-Yves, qui se présente comme du mouvement de la France insoumise, a présenté un résumé du programme en 8 points proposé par Mélenchon :
– La convocation d’une assemblée constituante, pour créer une nouvelle république avec la possibilité d’instaurer un référendum révocatoire pour mieux contrôler les dirigeants ;
– Le partage des richesses ;
– La « règle verte » : s’organiser pour rester chaque année en deça du seuil de renouvellement annuel des ressources de la planète ;
– Un ensemble de mesures pour préserver la paix, avec par exemple la sortie de l’OTAN, critiqué comme machine à entretenir les guerres ;
– Un protectionnisme solidaire, visant à éviter des accords comme le TAFTA ou à relocaliser des productions agricoles ;
– Une sortie du nucléaire, d’urgence ;
– Une réduction de l’alimentation à base de protéines carnées ;
Le 1er octobre se tiendra à la maison de quartier de l’île de Nantes (2 rue Conan Mériadec, 44000) une « rencontre de l’insoumission » pour échanger autour de ce programme en détail, de 15h30 à 21h. D’autres informations sont disponibles sur le site du mouvement en Loire-Atlantique.

« Jojo » Joël a tenu à remercier plusieurs fois un commerçant de Bouffay pour son attitude humaine et dénuée de jugement envers lui, et à rassurer : il va bien en ce moment et est moins à la rue, bénéficiant d’aide.

ZAD :
Cette semaine plusieurs rumeurs de lancement de l’expulsion ont circulé, non confirmées et générant inutilement du stress. Il est rappelé de se référer en cas de doute à l’ACIPA ou au site indymédia pour recouper les informations et ne relayer que celles qui sont valides.
Un appel à fournir des cages pour évacuer les chiens présents sur la zone avant une confrontation a été lancé.
L’inutilité de l’aéroport a été une nouvelle fois soulignée, ainsi que la mobilisation pour la défense de la ZAD et la détermination des personnes impliquées.
Tous les mercredis soirs à 19h30, à B17, le CNCA, Collectif National Contre l’Aéroport, se réunit.

Un jeune couple roumain avec un bébé de 5 mois, à la rue, fait appel à la solidarité des gens ; toute solution pour les aider à trouver un abri et régler leur situation est la bienvenue. Georgina, la mère, ne peut obtenir de place en urgence au 115 dans la mesure où elle est accompagnée du père de l’enfant. A seulement 5 mois, le petit, né au CHU de Nantes, souffre de problèmes respiratoires et statuto-pondéraux du fait de leur situation. Si vous avez des éléments d’aide, n’hésitez pas à vous faire connaître dans les commentaires, via les pages facebook ou twitter ou encore en vous manifestant place du Bouffay le vendredi à partir de 19h.

Mineur.e.s étrangers.ères isolé.e.s :
Un rassemblement de soutien s’est tenu sur la place pour dénoncer l’action illégale du conseil départemental qui, depuis une semaine, a cessé de mettre à l’abri les nouveaux.elles arrivant.e.s qui se retrouvent livré.e.s à la rue, ou envoyé.e.s vers d’autres villes sans information de contact, relais de prise en charge ou même indication de recours légaux sur leur situation. Il semble que la situation soit la même dans d’autres villes et s’étende.
La procédure de mise à l’abri des mineur.e.s est une obligation légale, pourtant le conseil départemental y coupe en contestant systématiquement la minorité des jeunes, et fait également entrave à leur droit à l’éducation pour ce même motif ou pour des raisons budgétaires. La rentrée de 2016, malgré les avertissements des associations solidaires, est ainsi pire que celle de 2015. Le groupe de soutien présent ce soir-là s’est dit ouvert au débat, à l’idée de lancer des actions communes dans l’esprit de la convergence des luttes.

Actualité locale :
Une petite mise au point presse a été effectuée pour corriger un « oubli » de Presse Océan : le supposé terroriste dijhadiste qui aurait acquis et stocké une trentaine de bouteilles de gaz dans une paroisse chrétienne, l’a en fait fait dans la chapelle d’Allonville, un lieu fréquenté par des fascistes. On est donc loin du terroriste islamiste mais ce « détail » n’est pas présent dans le compte-rendu du journal.
De plus, deux hommes qui avaient été arrêtés pour incitation à la haine, ont vu les poursuites judiciaires contre eux simplement annulées. Il s’agit de deux gardiens de prison qui restent donc dans leurs fonctions.
Enfin, derniers exemples montrant que ces extrémistes sont plutôt bien vus de la presse locale, il a été rappelé que l’attaque fasciste qui avait visé la gay pride plus tôt dans l’année, n’a pas été qualifiée comme telle, et que celle qui avait visé Nuit Debout avait débouché… sur une interview sympa des agresseurs.
Dans un autre registre, le début du Climate Chance, sorte de Cop 22 rassemblant de grands industriels, a été rappelé avec un appel à se réunir à 14h lundi devant l’Hôtel-Dieu pour montrer notre présence et notre désaccord. L’information de l’interdiction du rassemblement est tombée à la fin de la réunion.
Ce mardi 27/09, Manuel Valls se déplace à Nantes pour le congrès national des HLM, à l’occasion duquel il s’exprimera. Ce congrès se tiendra au parc des expositions de la Beaujoire ; les étudiants appellent à se retrouver en centre-ville pour une action humoristique et symbolique et d’autres actions s’organisent indépendamment.

Conférence de Franck Hermann : « L’autonomie : clé du changement ? »
Pédagogue qui revient d’une parenthèse agricole de 10 ans, Franck Hermann a proposé une réflexion sur un constat pour le moins frustrant : pourquoi les luttes n’aboutissent-elles pas aussi vite que l’organisation de l’oligarchie pour les étouffer ?
Face à ce constat, l’autonomie peut être une clé de changement dans une société en crise. Franck Hermann conseille la lecture des travaux de Jean Vassileff, économiste et pédagogue nantais, pour accompagner sa réflexion.
L’autonomie est complexe à mettre en œuvre, car elle dépend de facteurs à la fois individuels et collectifs, qui s’imbriquent. Pour autant, elle n’est pas compliquée, insiste Hermann, et nous concerne tous. Travailler sur l’autonomie, c’est mener un travail personnel avec les autres, avec des outils mais surtout sans recette de l’autonomie. Là réside la difficulté dans une société qui nous habitue à mettre en œuvre des recettes toutes faites, plutôt qu’à élaborer les nôtres. L’autonomie doit se vivre dans la vie de tous les jours pour aller plus loin qu’une approche intellectuelle. Il s’agit de passer des enjeux du pouvoir, à la dimension collective, aux outils du pouvoir : passer à un « nous pouvons », plutôt qu’un « je/tu peux ».
Passer à l’autonomie, c’est vivre l’autonomie, c’est passer à une autre manière de concevoir la vie. Notre société regorge de savoir-faire, et l’autonomie s’intéresse plutôt d’abord à un savoir être, qu’il faut faire déboucher sur un pouvoir être ensemble.
Le paradoxe est que s’il est facile de théoriser l’autonomie, le passage à la pratique échoue depuis longtemps, ou ne fonctionne pas comme on le voudrait. Il existe depuis longtemps des textes de référence, des chartes, auxquelles on se réfère et qui ont des objectifs nobles, mais qui ne sont pas appliquées.
Hermann propose comme exemple ce sketch des Inconnus : un groupe de jeunes musiciens en forte réaction contre la société des années 1990, qui critiquent Mitterrand, Rocard… et à qui l’on demande : qui est votre chef ? A cette question qui ramène à l’organisation du système existant, ils répondent qu’ils n’ont pas de chef et que l’un écrit la musique, l’autre la joue… On voit d’une part la réaction au système existant et une construction en lien avec les aspirations des trois personnages.
De là Hermann définit l’autogestion comme un ensemble de comportements à appliquer pour réaliser l’autonomie et rappelle encore que la difficulté réside dans la réalisation. Il faut dépasser certaines barrières, certains réflexes. Par exemple, il constate que même dans les discours qui critiquent le pouvoir, qui traduisent une aspiration à l’autonomie, on continue à faire référence au pouvoir, à la domination. Comment se fait-il que dans un pays relativement libre comme la France, où l’on peut parler d’autonomie sur une place publique, on ne dépasse pas cette barrière, on ne passe pas à autre chose ?
Cela permet de montrer qu’il y a trois dimensions nécessaires dans l’autonomie :
– Une dimension qui est une condition externe : la liberté, comme possibilité d’exercer des droits ;
Une condition intérieure, l’authenticité : le fait d’être en accord avec soi-même, dans ses convictions, ses actes. Elle génère un sentiment de responsabilité.
La responsabilité qui découle de ces deux conditions.
L’obstacle que nous peinons à surmonter, pour Hermann, est l’authenticité. Il faut réfléchir à notre manière d’être et pas seulement réfléchir au fonctionnement de l’Etat pour réaliser l’autonomie. Il faut avoir le courage de s’analyser soi-même et d’appliquer à soi-même le même travail de critique que l’on applique à l’Etat, pour interroger la dimension individuelle en jeu dans l’autonomie. Il faut prendre conscience du fait que nous sommes tou.te.s des individus plus ou moins déterminé.e.s par des facteurs extérieurs, dépendants du lieu où nous vivons. Le but, en réfléchissant ainsi à nous-mêmes, est d’identifier ce qui nous influence, ce qui constitue ces réflexes qui nous ramènent dans le fonctionnement existant, non autonome. En les identifiant, on se donne les moyens de s’en émanciper. Pour illustrer à nouveau le propos, Hermann relate l’exemple d’une organisation qui, en voulant proposer une alternative au système existant, retombe dans son fonctionnement bureaucratique dès sa première prise de décision.
Pour conclure cette introduction au sujet de l’autonomie, il y a un travail à faire sur soi et collectivement comme condition de l’autonomie : un travail d’identification de ce qui nous influence, puis un travail de critique et d’émancipation.

Une femme en fauteuil roulant a tenu à souligner l’attitude « formidable » et « extraordinaire » des jeunes dans les événements actuels. Nos dirigeants ont oublié que le cœur d’un pays réside dans les jeunes qui se mobilisent. Elle a conclu sa prise de parole par le rappel que la vie est précieuse, et que son intervention se veut un appel à la résistance et non à la violence.

En fin de réunion, une distribution gratuite de nourriture a été organisée et la connexion Mumble testée avec Lyon. Elle est désormais opérationnelle et permet de faire discuter des personnes de toute la France connectées via le serveur de Nuit Debout. Des AG inter Nuit Debout en multiplex sont prévues à l’initiative de Paris tous les premiers vendredis du mois, et des volontaires référents sont recherchés dans toutes les villes pour connecter un maximum de villes et préparer prochainement l’hébergement du multiplex hors de Paris. L’idéal serait que les Nuit Debout se relaient pour organiser le multiplex, dans un souci de décentrer l’organisation. Cette connexion peut également servir à programmer une discussion thématique de la même manière. La mise en œuvre de Mumble est très simple. Si vous avez des questions, que voulez participer ou proposer un thème de discussion, contactez-nous !
Cette brève connexion de test a été l’occasion de nous faire part de l’image très positive de la Nuit Debout de Nantes dans les autres villes, comme indépendante et autonome. L’idée d’une cartographie des aspirations des différentes Nuit Debout a été lancée : il s’agirait de lister quelques principes de base chers à chaque Nuit Debout, pour les compiler, comparer, et refléter autant que possible les avis de la majorité des participants. Mumble peut être un outil qui, par l’interconnexion, réintroduit de l’horizontalité là où elle semble faire défaut, et fait dialoguer facilement les Nuit Debout entre elles.

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