CR du 09/09/2016

CR du 09/09/2016

Effectif : 8 à 12 personnes selon le moment ont participé à l’atelier thématique. Un autre groupe, celui des Street Medics, organisait une réunion pour se préparer à la manifestation du 15/09.
Objectif : présentation de Hacker Citizen, préparation d’affiches d’éducation populaire pour le 15/09.

Hacker Citizen : David, qui possède déjà un exemplaire de l’ouvrage en tant que co-financeur de sa campagne Kickstarter, a réalisé une présentation orientée vers l’action, en feuilletant et expliquant rapidement certains des hacks proposés, avant d’engager la discussion sur leur faisabilité et leur impact. Ces hacks sont rassemblés en thématiques : la surveillance, la culture, le partage, la ville… et de nature très diversifiée, pouvant ainsi répondre aux différentes sensibilités de personnes souhaitant se réapproprier l’espace public. Cette « lecture » rapide a très vite mis le groupe de bonne humeur, certains hacks ayant un potentiel humoristique indéniable qu’il a été choisi de retranscrire ici.
La surveillance : on trouve déjà trois types de hacks, ceux qui visent à rendre visibles les dispositifs de surveillance et susciter l’interrogation sur leur présence, ceux qui envoient concrètement un message à ces dispositifs et ceux qui visent à en protéger les individus.
Dans la première catégorie, on trouve des « caméras festives » de vidéosurveillance, équipées d’un petit chapeau coloré ou de serpentins, ou simplement entourées d’un peu de couleur. Dans la même logique, lorsque des drones ou autres engins volants sont utilisés, dessiner leur ombre au sol aide à visibiliser le passage fugitif de ces grands timides.
Ces actions de visibilisation ont pour mérite de faire prendre conscience de la présence de ces dispositifs et de permettre ainsi une réflexion sur leur utilité.
Dans la deuxième, il s’agit d’envoyer un message : inscrit sur un ballon à hélium ou un panneau fixé dans l’axe de la caméra ou sur des parapluies. Des parapluies avaient déjà fait entendre leur voix lors de la campagne du « référendum » autour de l’aéroport de NDDL. Pas la commission de contrôle des votes, hélas.
Enfin la troisième rassemble quelques initiatives visant à protéger les individus. Pour le téléphone, une toile anti-ondes ou en fil d’argent peut se transformer en une pochette protectrice. Pour la reconnaissance faciale : une bande de maquillage qui coupe le visage (option hommage puissant à David Bowie) ; un t-shirt avec plusieurs visages imprimés dessus (pour lequel nous n’avons pas trouvé de raison esthétique supplémentaire, désolé.e.s) ou encore le port d’une perruque correctement ajustée aux traits du visage. A noter que cette technique est déjà sponsorisée par certains agents de la BAC qui semblent souffrir de la tyrannie du 6mm capillaire.

Beaucoup de hacks ont pour objet la publicité, ce qui n’est pas étonnant quand on voit la place qu’elle occupe dans nos vies. Une idée qui a beaucoup plu est celle du pochoir lumineux, qui se présente sous la forme d’une affiche ou d’un carton découpé à la forme choisie et scotché sur le panneau lumineux qui reste ainsi intact, facile à rendre à sa fonction première, mais diffuse un autre message. Dans le même fil d’idées, des bulles de dialogue ou des boutons « ignorer cette publicité » ou « signaler un contenu discriminatoire » sont réalisables avec très peu de moyens. L’ouvrage propose aussi d’éteindre certaines enseignes publicitaires qui possèdent un interrupteur externe à disposition des pompiers : si l’objectif de rendre invisible quelque chose qui est omniprésent est intéressant, la réflexion a été faite que cette action risque de passer pour de simples pannes, sans susciter plus d’interrogation sur la place de la publicité. Des panneaux « pas encore piratés » n’ont pas rencontré beaucoup d’enthousiasme dans la mesure où le message pourrait passer pour de la menace et ne porte pas non plus à réflexion. Le Pixel Art de pub, qui consiste à découper des carrés d’affiche, est intéressant mais semble plus adapté aux affiches de métro parisien. En fait beaucoup de techniques proposées sont modelées sur le mobilier urbain de Paris et demanderaient un peu d’adaptation en province. Il serait toutefois possible de pixeliser des panneaux en pochoir lumineux ou à base de post-its. Des QR codes peuvent être générés facilement et servir à détourner des publicités vers un contenu informatif, humoristique, poétique… Ce détournement peut se faire aussi sous la forme de modes d’emploi alternatifs.
D’autres hacks visent à embellir la ville ou lui donner localement un autre sens. Des compas urbains aux sorties de métro parisien pourraient être adaptés pour les gares et les arrêts de tram ou de bus. Des graffitis sonores ont été évoqués mais demandent beaucoup de moyens et semblent fragiles. D’autres graffitis, végétaux (à base de mousse) ou par nettoyage des surfaces, sont plus intéressants. La fresque inspirée de l’Angélus de Millet sur les murs du CHU montre de plus que la méthode est applicable à des œuvres complexes.

Une série de hacks permet de rendre visible ou créer des ressources disponibles pour les personnes, en particulier celles qui passent dans la rue, sans abris ou simples voyageur.se.s. Par exemple, les wifis gratuits ou sans code peuvent être indiqués, de même que les prises électriques. Des nouvelles indications peuvent apparaître sur les cartes ou plans, informant de la possibilité de récupérer de la nourriture (ou autre chose) gratuitement via les fins de marché, des dépôts… Des œuvres libres de droit peuvent être diffusées à travers des affiches ou ajoutées aux rayons des enseignes vendant de la musique, des films, des livres… Il existe aussi une bibliothèque de rue sur l’île de Nantes. Enfin, des « dead drops », clés usb libres, peuvent être disséminées dans la ville, avec ces mêmes types de contenus.
Le livre propose aussi de créer des abris à partir des bancs pour les personnes vivant dans la rue ; le modèle en question étant un banc parisien, l’idée demande adaptation. Toujours pour ces personnes, des expositions urbaines peuvent détourner les dispositifs qui visent à les chasser comme les très humaines piques anti-SDF. Il y en a quelques-unes à Nantes. Des mini-rampes d’accès pour fauteuils roulants, que l’auteur propose d’imprimer en 3D, semblent réalisables avec moins de moyens. Elles peuvent ensuite être collées, ou rester amovibles (il serait alors utile de les rattacher à un dispositif fixe et de les signaler).
Dans un registre plus simplement esthétique, les bombes à graines sont des petits sachets de graines à lancer pour faire pousser des plantes dans des endroits inaccessibles. Des nids urbains, petites maisons à oiseaux en papier ou carton, peuvent se fixer sur des arbres, grillages et lampadaires. Depuis quelques années, deux artistes britanniques s’en sont même fait une spécialité, dans une démarche de protection des oiseaux, et font fleurir leurs Spontaneous Cities un peu partout. De nuit, les ombres portées du mobilier urbain peuvent servir de base à un dessin au sol qui les transforme.
Et bien d’autres… le livre sortira pour tout le monde le 3 octobre. Non seulement il contient des connaissances inattendues sur l’organisation de l’espace public mais il donne beaucoup d’idées !

Les affiches d’éducation populaire pour la manifestation du 15/09 : l’objectif était de préparer de quoi retapisser des publicités ou vitrines de banques, sans dégât, tout en communiquant sur les arrangements auxquelles elles se prêtent pour maximiser les profits. Initialement, il s’agissait de pointer des pratiques illégales, mais après recherches, et constat d’une législation excessivement souple pour les banques, il paraît nécessaire de réorienter la communication. Tout ce qui est légal est-il normal ?

De nouvelles affiches pour Nuit Debout ou Radio Cayenne sont en cours de réalisation.

Le projet Mumble progresse petit à petit… les conditions techniques d’un test pour la semaine prochaine sont désormais réunies !

Des réflexions ont aussi été menées sur l’installation de nouveaux abris et sources d’énergie autonomes. Un format ultra léger est pour le moment privilégié, à base de bâches et de cordes, et l’on rêve de s’alimenter avec un générateur type dynamo relié à un vélo. Affaire à suivre…

Gazette Debout lance un appel à publications ouvert à toutes les villes.

Si vous souhaitez rejoindre ou proposer une action, vous pouvez prendre contact via le FB, les commentaires du site, ou en nous rejoignant le vendredi soir à partir de 19h sur la place du Bouffay. Les bonnes volontés et les propositions sont plus que bienvenues !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *