Compte-rendu AG du 17 mai 2016

Compte-rendu AG du 17 mai 2016

Début d’AG un peu mouvementée, cernés de CRS sur la place du Bouffay et dérangés par le bruit des derniers manifestants

Rapide débriefing de manif’ : quelques interventions, dont…

  • un jeune homme qui a agressé un CRS et a été condamné pour tentative d’homicide volontaire; l’intervenant a demandé à ce qu’on dénonce cette condamnation trop sévère pour la faute commise.
  • un appel à l’union dans les manifestations, éviter que les très jeunes se retrouvent en première ligne et aller les secourir s’ils se font attraper par la BAC.

 

Ensuite : soirée à thème LGBT, homophobie, transphobie et biphobie

Depuis la loi du mariage pour tous, il y a eu un pic considérable d’homophobie ; si beaucoup désormais revendiquent leur homosexualité, la proportion de gens exprimant leur haine ou peur des homosexuels a également augmenté.

 

Témoignages / Anecdotes [ces témoignages sont entre guillemets pour en faciliter la lecture, mais ils ne sont pas retranscrits au mot pour mot; merci de votre compréhension]

  • « J’ai été abordée dans la rue par un mec qui m’a dit : ‘’ tu fais du sport ? parce que t’as un super cul, bien rebondi ! ’’ Je lui ai répondu que je n’avais pas très envie qu’on regarde mon cul dans la rue, il a dit : ‘’ Tu peux pas comprendre, je suis un mec ! ’’ Ce à quoi j’ai répliqué : ‘’ Eh bien, moi je suis lesbienne, et je mate pas les fesses de toutes les filles que je croise dans la rue.’’»
  • « Soyons OSEF sexuels ! »
  • « Il y a des femmes qui n’aiment pas les hommes, et des hommes qui n’aiment pas les femmes, tout comme il y a des gens qui n’aiment pas le chocolat ! C’est la même chose ! »
  • Quelqu’un a demandé : On en parle, de tous ces problèmes, mais quelles solutions proposons-nous

 

Réponses proposées :

Le fait d’en parler à Nuit Debout et de sensibiliser les gens, c’est déjà faire quelque chose; c’est montrer que l’homosexualité, la transidentité et la bisexualité sont des choses naturelles qui devraient faire partie de notre quotidien; en parler nous permettra d’éduquer nos enfants de la bonne manière sur ces sujets

Pour remonter à la racine de l’identité / du genre, on pourrait, au lieu d’annoncer aux parents « c’est un garçon », « c’est une fille », on dirait plutôt « le bébé a un pénis », « le bébé a un vagin », ou encore « c’est un pénissien », « c’est un vulvien » !

Les catalogues de jouets et les jouets eux-mêmes devraient être moins stéréotypés : bannir la distinction fille/garçon = rose/bleu = poupées/pistolets. De même, sur les emballages d’autres objets du quotidien, supprimer le stéréotype de « la femme à la cuisine, l’homme au bricolage »
(conseil : prendre en photo tous les emballages stéréotypés, vous verrez qu’il y en a beaucoup !)

  • Récit de la naissance de Nel, une petite fille qui a deux papas et une maman; « elle grandira dans la société que nous sommes en train de construire, et si certains de nos parents à nous sont un peu ‘limite’, elle, elle sera fière de ses trois parents ! »
  • Lecture d’un flyer : « 10 réflexions à éviter face à une personne trans » ; on peut le retrouver ici avec d’autres documents similaires => http://www.trans-inter-action.org/documents/pour-tou-te-s/
  • Énonciation de cas d’homophobie ordinaire (c’est-à-dire des propos à caractère homophobes, qui la plupart du temps sont le résultat de maladresses dues à des idées stéréotypées et des préjugés à propos de l’homosexualité; ils n’ont le plus souvent pas de volonté blessante mais malheureusement le sont quand même) :
    • au lycée, les préjugés sur la filière littéraire : « c’est vrai qu’en L toutes les filles sont lesbiennes ? », ainsi que les maladresses liées à ce genre de rumeurs.
    • ou bien, des réflexions comme : « T’es lesbienne ? C’est bizarre, ça se voit pas ! » ou l’inverse : « T’es lesbienne ? Haha, j’en étais sûr(e) ! » qui font souvent allusion au style vestimentaire de la personne concernée, et qui peuvent être blessants.
    • de même, on trouve de l’homophobie ordinaire chez les parents d’adolescents : « Ha, mais tu es encore en train de te chercher, ça te passera », ou bien « c’est la mode d’être bi aujourd’hui, de toute façon ! », etc. L’idée est de les reprendre sur ce genre de questions et leur expliquer en quoi cela peut être blessant.
  • Puis, des récits de cas d’homophobie plus marqués :
    • témoignage anonyme : un bénévole dans un refuge a vu arriver un garçon qui s’était fait jeter hors de chez lui par ses parents suite à son coming-out; le bénévole est allé parler longuement aux parents et a finalement réussi à leur faire reprendre le garçon chez eux; depuis ses parents ne sont pas encore totalement tranquilles face à cette orientation sexuelle, mais ils aiment leur fils et ont revu leur manière de faire.
    • témoignage d’une fille ayant fait son coming-out auprès de ses parents : « Je suis homosexuelle, ça vous pose problème d’en parler ? » La mère a répondu : « Non », le père « Oui ». Puis les réprimandes classiques (mais qui n’en sont pas moins très blessantes) : «Tu t’exclues de la société en faisant ça », « C’est un problème dans l’éducation qu’on t’a donné ? Aujourd’hui ce père a finalement accepté l’homosexualité de sa fille.
    • témoignage d’un homme qui, depuis qu’on l’a interpellé violemment alors qu’il était avec son copain dans la rue, ne peut plus lui tenir la main en public : voilà une homophobie qui traumatise, et qui empêche désormais cet homme de s’épanouir entièrement dans ses relations !
  • Un rappel des droits des homosexuels et des personnes transgenre dans la société : pour adopter un enfant ou pratiquer la GPA / PMA, c’est un véritable « parcours du combattant »; encore pire pour changer d’état civil lorsque dès la naissance on nous a attribué un genre qui ne nous convenait pas.
  • À réfléchir : « Nous vivons dans une société binaire »; le couple n’est-il forcément que deux ? Est-ce une appartenance de deux personnes entre elles ? Le polyamour pourrait-il exister et être viable ? Pourquoi ne pouvons-nous être que deux dans nos relations ? « On a plusieurs amis; pourquoi pas plusieurs amoureux ? »
    Une réponse émise à ce sujet : cela dépend de la liberté et des choix de chacun; beaucoup ne tombent amoureux que d’une personne à la fois et préfèrent l’exclusivité. Il est cependant vrai que le polyamour est quelque chose de mal vu et presque tabou dans notre société occidentale.
  • Intervention rapide : les homosexuels et les personnes transgenre n’ont pas assez de place dans la littérature et le cinéma; à nous d’écrire sur eux ! À nous de faire vivre les LGBT dans l’art.

 

Conseils culturels

  • Le site « Projet 17 mai » http://www.projet17mai.com/
  • Tango a deux papas.. et pourquoi pas ?, Béatrice Boutignon, livre pour enfants qui raconte l’histoire d’un manchot couvé et élevé par deux mâles.
  • Mes papas & moi, Mikl Mayer; BD qui parle d’homoparentalité
  • Cam Clash (chaîne YouTube) : « Il insulte une trans », « Le serveur homophobe »

 

Téléchargez ici le diaporama (PDF – 9 Mo) initialement prévu lors de la soirée.

  • Ce diaporama vous présente des images du Projet 17 mai, mais également quelques œuvres culturelles cinéma et TV traitant de thématiques LGBT ou ayant marqué l’histoire culturelle par la visibilité qu’ils offrent aux personnages LGBT.

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