Compte-rendu AG Malakoff du 29/04/2016

Compte-rendu AG Malakoff du 29/04/2016

  • Les jeunes de Malakoff portent des casquettes et des baskets mais ils ne sont pas mal-intentionnés, ce sont des gens comme les autres
  • On parle de Malakoff quand ça tire, mais jamais quand il se passe des choses bien, quand on organise des tournois de foot ou qu’on fait des animations
  • Le 1er de l’an ici, il y avait des CRS qui empêchaient les jeunes de sortir de la cité. En manif les lycéens du centre-ville ressentent ce que les jeunes du quartier ressentent toute l’année.
  • Témoignages de violences policières : dame dont le fils était au commissariat, a vu la BAC violenter les grands frères qui attendaient les petits frères. Des jeunes de 12 à 16 ans ont été arrêtés sans raison valable.
  • Faire de la politique autrement pour une prise de conscience sociale. « Honte à qui ne se révolte pas contre l’injustice sociale »
  • Humiliations et brutalités policières en permanence : il faut contacter l’Assemblée des blessés. Recueil de témoignages chaque mardi à Bouffay
  • Débat sur les médias : comment se faire entendre, passer des discours alternatifs
  • Raisons de discrimination : look, âge, cité, mais surtout couleur de peau, la France est un pays raciste. Une femme, en tant qu’ergonome, a suivi la BAC pendant toute la dernière manifestation pour observer leur travail. Elle a observé que, se sentant observés, les policiers ont finalement respecté des règles qu’ils n’auraient pas respecté autrement (ex : ils voulaient faire rentrer 5 jeunes dans un camion où il y avait de la place pour 3, finalement ils ont fait un aller-retour). Elle propose donc à plus de gens de le faire, pour avoir une « vigilance citoyenne »
  • Manque de respect envers les manifestants
  • On est place Rosa Parks : rappel du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis. Parallèle avec Nuit Debout qui est un endroit où tout le monde peut s’exprimer, mais aussi un laboratoire d’idées pour faire changer les choses
  • D’accord sur l’idée de créer des collectifs pour suivre les policiers et les surveiller
  • L’État est raciste, mais pas le pays, il ne faut pas confondre les deux
  • On a pas forcément conscience du racisme quand on fait des actes racistes, parce que c’est la société qui est raciste
  • Dans le quartier, il n’y a pas que des jeunes qui ne font rien de leur journée. Lui il travaille, il a trouvé des gens qui l’ont aidé ; et même les jeunes qui restent là sur la place, c’est pas forcément qu’ils ne font rien, c’est plutôt qu’ils se cherchent. Il y a plein de jeunes qui essaient de s’en sortir, qui cherchent du travail. Le quartier peut changer, il y a de la bonne volonté
  • Le pays reste cosmopolite, il y a plus d’étrangers que de racistes.
  • Rappel des bonnes précautions en manifestation : sérum physiologique/borax, désinfectant, lunettes pour se protéger, casque, bonnet, tee-shirt noir pour se cagouler. Ne pas rester seul. Maalox pour contrer le gaz lacrymogène. Gel à l’arnica ou huile essentielle d’hélichryse, pour les coups
  • Ghettos en France → quartier multiculturel solidaire, donner l’exemple de la fraternité
  • La France ne doit pas devenir un paillasson, respect
  • Fraternité dans la misère : ne pas prêcher la bonne parole, mais apprendre des gens qui accueillent Nuit Debout
  • Plus de rassemblements populaires à part dans les cités : « entre les parias »
  • Hypocrisie : éducation contre la violence mais société / Etat très violent (le budget de l’armée est le plus important de tous) : ça donne le mauvais exemple
  • Manque de connaissance des cités par les habitants du centre.
  • La coupure entre les personnes n’est pas que géographique, elle se fait aussi au travail. Témoignage d’une personne qui travaille pour une administration, mais n’en fait pas partie, et a vu une autre personne, « collègue » car elle travaille pour la même administration même si elle est employée par encore une troisième entreprise, avoir un accident de travail. Heureusement, il y a finalement eu une solidarité de la part des personnes employées par l’administration, qui l’ont aidée à gérer cet accident du travail (et pas reprendre le travail immédiatement comme elle en avait l’intention). Les entreprises essayent de séparer les gens, en externalisant les tâches, il faut rester ensemble.
  • Malakoff a des côtés positifs et négatifs. Le positif : les gens sont sociables, il y a une vraie gentillesse des habitants, on peut laisser ses enfants au parc tranquillement, les parents ne surveillent pas que leurs enfants mais aussi ceux des autres. Le négatif : les habitants doivent prendre soin de la propreté de leurs immeubles, pour ne pas se plaindre malgré les rénovations
  • Ségrégation sociale : les institutions ont regroupé les pauvres, les familles, les immigrés, bref, les « classes dangereuses », et ont créé des poudrières. La rénovation urbaine est étudiée pour que la police puisse facilement entrer (grands axes). Il faut se méfier de « l’action culturelle » qui divise, qui empêche de s’emparer de la ville qui appartient aux habitants.
  • Malakoff est un quartier calme, tranquille
  • Il faut distinguer le travail, qui est l’occasion d’apprendre, comme chaque jour de notre vie, et l’emploi, qui nous transforme en objet au service de la production. La Loi El-Khomri est une loi sur l’emploi et pas sur le travail ; elle objectifie en nous transformant en objet de production
  • La négativité est contagieuse : il faut être positif, trouver du sens à la vie pour employer son temps de façon utile
  • Rappel aux gens de Malakoff : ils sont les bienvenus à Bouffay, il faut venir.
  • Aujourd’hui, d’un point de vue historique, il y a quelque chose de nouveau, une majorité de la population pense qu’un autre monde est possible.
  • Un collectif de concert de rap propose d’amener après l’AG son matériel pour faire un concert open micro, dans la continuité du travail fait il y a quelques temps avec les enfants du quartier
  • Les médias ont un rôle dans la négativité, les mauvaises nouvelles c’est ce qui marche le mieux malheureusement ; il y avait eu un « journal des bonnes nouvelles » mais ça n’a pas marché
  • En s’indignant des injustices, on sera du bon côté de l’histoire, soyons fiers de ce que nous faisons
  • Nuit Debout existe parce qu’on a pris l’habitude de laisser les autres parler pour nous : ils nous font avaler des couleuvres avec les politiques. Nuit Debout apparaît comme une évidence pour reprendre la parole.
  • Espace public : ségrégué / limité à la consommation dans les bars et les magasins, ce n’est pas un vrai espace public, il n’y a pas de liberté d’expression publique
  • Proposition d’action : si Sarkozy vient dédicacer son livre, il faudrait faire comme Nuit Debout Aix-en-Provence, qui a perturbé ses dédicaces
  • À Malakoff il y a une richesse de la vie de quartier
  • Les gens sont isolés, Nuit Debout recrée du lien, c’est un peu une psychologie de groupe. Mais chacun doit aussi être prêt à faire un travail sur soi. Et on a plein de manières d’agir, choisir d’acheter le paquet de biscuits qui est le moins sur-emballé, au supermarché, c’est une manière de « voter » pour une manière de vendre.
  • Message à la mairie de Nantes : il faut changer les représentations sur Malakoff. Il faut créer des entreprises mais aussi inciter les gens à changer de regard.
  • Les jeunes de quartier n’ont pas forcément l’habitude de la prise de parole, mais il forment un vrai prolétariat. Nuit Debout doit représenter ces personnes. Malakoff était un quartier très enclavé, il était difficile d’en sortir. La gauche radicale dit qu’il faut abandonner ses convictions et sa culture : pourtant, sa mère porte le voile et a sa carte au PC. La gauche paternaliste ne doit pas uniformiser les différences entre cultures. Chaque culture possède des ferments de révolte, par exemple les catholiques révoltés contre la capitalisme et les dictatures en Amérique Latine. Il faut absorber dans la lutte les classes populaires avec leurs valeurs. Il faut arrêter d’envoyer les « schmitts » dès que le peuple se lève. Alors que les jeunes de quartier sont voués à des voies de garage (34 % de réussite au collège Sophie Germain). On compte sur le turn-over pour changer le quartier. Ca revient à expulser les personnes en situation de précarité. Sa mère habite depuis 30 ans dans son appartement, elle a déjà du le payer 3 fois en loyer, mais elle pourrait être expulsée quand même si elle ne paye pas son loyer pendant deux mois. Les politiques ne viennent qu’avant les élections pour dire de voter PS ou PC. Il n’y a que des « réunions de concertation » avec les urbanistes, le maire ou ses larbins, et le seul choix qu’il y a c’est sur la couleur de la peinture. « on va faire ces bâtiments. Vous préférez de la peinture jaune ou verte ? ». Les rares idées proposées par les habitants ne sont jamais écoutées. Pour que ce soit durable, Nuit Debout doit réfléchir au lien entre les personnes les plus politisées et les plus précaires. Il faut trouver de nouveaux moyens de mobilisation.
  • Poème sur un papillon qui va en Espagne, inspiré par un papillon dessiné par un enfant pendant la soirée
  • Chants et « bonsoir tout le monde ! » de la part des enfants
  • Peu d’alternatives en France : droit de vote ou droit d’abstention, mais aussi droit de boycott. Monsanto, Merck (utilisait du matériel humain ?)
  • Les enfants lisent les différents textes écrits pas les habitants en réponse à la question « qu’est-ce que tu rêves ? » (atelier de facilitation de parole installé sur la place pendant l’AG)
  • Malakoff : il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Ça a la réputation d’être mal-éduqué, mais en fait les parents éduquent bien. Le centre permet de sortir mais si on est viré du centre ce n’est plus possible de sortir du quartier. Le gymnase est bien, mais ce n’est ouvert que pendant les vacances.
  • Présentation de la soirée open-micro.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *