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Catégorie : Programme / Projet de Société

Compte Rendu du 18/04/2016

Compte Rendu du 18/04/2016

Préambule : – Difficulté de l’exercice : tentative de synthèse ordonnée sans trahir la diversité des propositions – Pas un manifeste abouti, plutôt le reflet de préoccupations, points d’attention et points à débattre (certains justement débattus dans cette commission) > Certains points à renvoyer à d’autres commissions pour approfondissement (par exemple : éducation, usage de la violence…) – Conséquence : effet « catalogue » d’idées pas toujours cohérentes entre elles, voire contradictoires.

 

  1. Domaine économique – Accord pour identifier la propriété des moyens/facteurs de production comme enjeu majeur : transformer les rapports sociaux nécessite d’en changer la forme, sous une forme qui fait débat (réappropriation, nationalisation, copropriété d’usage, etc ? Exemple cité : Coopératives intégrales de Catalogne) – Pose la question des modalités pratiques de cette réappropriation : expropriation, rapport aux possesseurs du capital financier… Est-il possible de se passer d’actionnaires ? De ne pas faire usage de violence ? Comment faire mieux que l’URSS ? – Comment lier les moyens de production et la production effective, c’est-à-dire poser la question : produire avec ces moyens, mais produire quoi ? L’enjeu de la transformation est la prise en compte du coût social nécessaire à la résolution des besoins, donc des médiations nécessaires à déterminer l’utilité des productions. Pour l’analyse des besoins et le lien entre économie et subsistance, cf. pyramide des besoins de Maslow. – L’analyse des rapports de production de la société capitaliste doit se faire en tenant compte de l’énergie bon marché dont elle dispose, et de la société de compétition provoquée par la rareté. Un projet de société alternatif doit avoir pour objectif de transformer cela en symbiose société/environnement. – La réflexion sur le travail doit prendre en compte les différences de contexte (multinationales/PME), le lien entre protection des salariés et incitation à la créativité > Permettre de ne pas travailler que pour gagner de l’argent, mais pour son épanouissement personnel, tout en protégeant les personnes non productives.

 

  1. Domaine institutionnel (exercice du pouvoir) – Assumer la dimension révolutionnaire de ce programme, en opposition à la puissance des détenteurs du capital et de l’Etat (alliés). Par conséquent, il faut tirer les leçons des précédents historiques de révolution : place de la violence défensive et de la défense de conquête ; nécessaire alliance entre le peuple et les intellectuels pour la réalisation d’un programme révolutionnaire ; risque de tournant réactionnaire ; nécessité d’un contrôle populaire de la propriété collective pour éviter la re-création d’une bourgeoisie. – Débat sur la violence : envisager les possibilités de changement sans violence, ne pas négliger les aspirations individuelles opposées à ce programme, qui contraignent à des compromis. Cependant, il est souligné que les aspirations individuelles sont aussi des produits de la société – changer de projet de société doit transformer les aspirations individuelles. A ce titre, le changement sera forcément perçu comme une violence par certains. – Le débat sur la violence doit être subordonné au débat de fond sur le projet de société mais aussi à la conscience des moyens dont on dispose : violence et non-violence peuvent à la fois être légitimes. – Une révolution ne peut se faire sans conscience révolutionnaire : il est nécessaire de convaincre la population. Rôle du mouvement Nuit Debout : même s’il représentait 1% de la population, il ne serait pas légitime pour faire la révolution, mais il doit développer une influence sur les 99% restants. – Place de la loi dans ce programme : elle peut être un outil d’évolution de la société et anticiper/provoquer les changements de mentalités. Débat sur ce point : la loi et les institutions politiques sont en réalité déterminées par les rapports de production (en termes marxistes : la superstructure est le reflet de l’infrastructure). – Réappropriation des moyens de production vs fraude des entreprises : légitimité d’une récupération, mais modalités pour l’effectuer ? – Question de l’échelle du programme : locale/nationale/internationale ? (enjeux différents) La commission souhaite tendre vers le global. – Limites de la démocratie représentative, mais aussi limites des formes alternatives : démocratie participative, liquide… par exemple face à la complexité accrue des textes de lois.

 

  1. Outils/leviers potentiels – Salaire socialisé et TVA incitative ; salaire à vie – Pour changer de paradigme : étudier expériences d’auto-organisation, d’échanges de savoir-faire, de production de sens (par exemple : projet Tera). – Rôle politique des consommateurs (boycott…) – L’exercice de la démocratie directe/participative peut être facilité par le développement des outils informatiques. – Révocabilité des élus – Importance majeure de l’éducation pour transformer la société en profondeur à long terme. Notamment, développement nécessaire de l’éducation aux médias (apprendre la sélection face à une offre démultipliée). Plus largement, réfléchir à ce que doit couvrir le champ de l’éducation obligatoire (en notant que des sujets prévus ne sont pas/peu appliqués). – Réflexion sur l’organisation du travail : partage du temps de travail et embauche des chômeurs. – Réquisition des logements vides.