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Commission LGBT++ du 18/04/2016

Commission LGBT++ du 18/04/2016

La commission s’est recréée dans le but premier d’organiser des actions autour des questions LGBT tout en permettant à toute personne de s’exprimer librement sur le sujet afin de pouvoir confronter les visions de chacun et élargir la réflexion.

Dans un premier temps, il a été constaté que parmi la communauté LGBT Nantaise, certaines personnes ont peur de l’homophobie au sein même de Nuit Debout, c’est la raison pour laquelle peu de personnes LGBT prennent la parole. La raison de cette peur est l’utilisation parfois de mots stigmatisants tels que “enculé” ou encore “PD”, soit en manifestation, soit en AG. Il est donc important de faire attention aux mots utilisés lorsque l’on s’adresse aux autres.

Il a également été évoqué la manière dont les LGBT eux-mêmes se comportent entre eux, et vis-à-vis de la société, en évoquant les réactions face aux discriminations ou les moyens d’action pour faire évoluer les mentalités.

La question du genre et de la manière dont il est géré dans la société a également été soulevée. C’est dans cette réflexion que nous avons évoqué la question de l’éducation. Comment sortir des barrières du genre ? Comment un professeur peut-il agir au quotidien alors qu’il est difficile actuellement de sortir des programmes définis par l’Éducation Nationale ?

 

  1. SÉMANTIQUE

Il a été aussi convenu de définir le terme de “gender fluid” (fluidité de genre) qui désigne les personnes ne se définissant pas selon un genre de manière définitive, et dont le genre fluctue.

Par ailleurs, on observe une grande multiplicité des termes relatifs à l’identité de genre et l’orientation sexuelle de chaque individu. Cette multiplicité des termes est liée au fonctionnement de la société, qui catégorise les personnes en fonction de différentes caractéristiques (par exemple par rapport au métier exercé). Cependant, malgré le fait que certaines personnes ne souhaitent pas se définir par un terme, il est parfois nécessaire à certaines personnes de pouvoir mettre des mots pour leur propre acceptation, mais aussi pour pouvoir se revendiquer comme tel, et ainsi pouvoir s’exprimer ou, plus spécifiquement, militer pour des droits (aurait-on un jour parlé de mariage pour tous si les homosexuel-le-s ne s’étaient pas un jour définis comme tel-le-s ?).

On observe cependant que de nombreux mots renvoient à des discriminations, qu’elles soient d’ordre sexuel, de genre, ou de mode de vie.

Notamment les insultes. On constate par exemple les utilisations de mots comme “enculé”, “PD”, qui renvoient à l’homosexualité, et notamment l’homosexualité masculine passive, mais également des insultes comme le mot “folle” ou celles ayant trait au sexe de la femme : “con”, “connard”, “connasse”. Ces insultes sont souvent utilisées de manière innocente, sans vraiment savoir ce qu’il y a étymologiquement derrière, et ne sachant pas l’impact qu’elles peuvent causer quand elles sont entendues par les personnes concernées. Il s’agit de discriminations dites “ordinaires”. À ces insultes, on préférera utiliser le vocabulaire scatologique, ou neutre, par exemple “merde”, “enfoiré”, ou “abruti”.

Outre les insultes, il existe une mauvaise utilisation des termes associés aux LGBT. On parle notamment souvent de “transsexualité” ou de “transsexuel” :

  • Dans le premier cas, le terme est flou, car il a trait à la sexualité, et non au genre, on pourrait donc imaginé que la transsexualité est le fait que quelqu’un change de sexualité, ce qui crée une confusion par rapport au changement de genre. On parlera donc plutôt de “transitude” ou de “transidentité”.
  • Dans le second cas, là aussi le mot rapporte aux organes génitaux uniquement, ainsi on parlerait alors de personne qui change de “sexe” (sous-entendu, change d’organes génitaux, par opération). Pour autant certaines personnes ne font jamais la transition au niveau biologique. De plus, il s’agit d’un terme pathologisant, inventé par des médecins. On parlera donc plutôt de personnes “transgenre”, car le genre est indépendant des organes sexuels (une femme transgenre peut avoir conservé son pénis par exemple).

Concernant les termes stigmatisants ou péjoratifs, l’appellation “garçon manqué” a été soulevée. Cette appellation est couramment utilisée pour désigner une fille ayant un caractère ou une personnalité correspondant au genre masculin (n’avoir que des garçons comme amis, faire des activités habituellement destinées aux garçons, etc.), ce qui sort donc de l’attribution de genre que la société impose. Cette appellation est assez violente, car sous-entend qu’une fille qui n’obéit pas aux règles “habituelles” de son genre, serait en fait un produit “raté”, cela peut être mal vécu.

Il a également été évoqué une opposition entre les termes “norme” et “normalité”. Il est fréquent de voir ces deux mots utilisés comme s’ils étaient équivalents. Pourtant, ils ne le sont pas. On renvoie ces deux mots à celui de “normal”, dans son sens plus médical, étant sous-entendu alors que la “normalité” étant ce qui doit être, et que tout ce qui en sort est “anormal” (on dira par exemple qu’un enfant né avec une malformation, ou une maladie est “anormal”). En ce sens, le mot prend une connotation très négative dès lors qu’on compare les LGBT avec la “normalité”, et du coup en les plaçant comme quelque chose d’”anormal”, voire pire, de “pas naturel” (souvent mentionné par les personnes homophobes).

En revanche, le terme de “norme” reste plutôt neutre. Il désigne en fait une moyenne, bien qu’il soit utilisé, et souvent défini comme un critère sur lequel se réfère tout jugement.

Malgré tout ces termes restent assez flous, et les utiliser pour comparer les personnes LGBT avec le reste de la population reste stigmatisant et problématique, et contribue au renfermement de certaines personnes, voire au déni.

Ces termes et insultes sont souvent ré-appropriés par les personnes qui en sont victimes. On l’observe avec le racisme où le terme “nègre” a fini par être repris par les personnes de couleur, notamment aux USA avec le terme “nigger” ou “nigga”. Ainsi, le terme “gay” est à l’origine un terme péjoratif, notamment dans les pays anglophones où il est encore parfois utilisé pour désigner quelque chose de négatif (“that’s so gay!”). Cependant, il est maintenant universellement (ou presque) utilisé pour désigné l’homosexualité masculine, au point d’être une des lettres du sigle LGBT. De même, l’insulte “PD” ne prend plus le même sens lorsqu’un homme homosexuel l’utilise pour lui-même (“je suis PD”). Cependant, attention au contexte, quelle que soit la personne qui le prononce l’insulte “sale PD” reste une insulte stigmatisante. Le terme de “folle” a aussi été ré-approprié pour de l’auto-dérision (“grande folle !”), cependant ce terme reste très majoritairement utilisé de manière péjorative (voir ci-après)

On observe la même ré-appropriation chez les lesbiennes où les termes de “gouine” ou “goudou” sont réutilisés et revendiqués.

 

  1. COMPORTEMENT ENTRE LGBT ET VIS-À-VIS DE LA SOCIÉTÉ
  • Entre LGBT

Ont également été évoqué des termes relatifs à un rejet au sein même des communautés LGBT. Si on distingue très nettement l’homophobie dans la population, ainsi que les autres LGBT-phobies, on oublie bien souvent qu’au sein même des communautés LGBT existent des rejets de certaines personnes.

On trouve donc la “biphobie”, qui est une réaction de rejet de la bisexualité, souvent justifiée par une méfiance envers ces personnes (ex : “je veux pas sortir avec un/e bi, j’aurais trop peur qu’iel me trompe avec un homme/une femme”). Souvent cette biphobie se traduit par une incompréhension de la bisexualité, incompréhension qui est véhiculée par la binarité de la société qui impose deux genres, et donc seulement deux sexualités possibles (hétéro ou homo). La biphobie se traduit donc par des phrases telles que “c’est juste que tu sais pas encore où tu te situes”, où on minimise la sexualité de la personne, qui ne serait alors que dans une “phase”. On retrouve le même problème dans l’homophobie où certains pensent qu’un homme est homosexuel parce que déçu par les femmes ou qu’une femme est lesbienne parce que déçue par les hommes (ou même pire dans certains cas, certains imaginent qu’une femme est lesbienne à cause de son physique…).

Au sein de la communauté “gay” (hommes homosexuels, le terme “gay” pouvant également poser problème, voir ci après), on trouve également la “follophobie”. Ce rejet est celui des hommes dit “efféminés” (autrement dit l’inverse du “garçon manqué” chez la femme). Ce rejet est principalement présent sur les sites de rencontre où la phrase “pas de folles” est souvent présente sur les profils, rejetant de fait les personnes jugées efféminées ou trop exubérantes au goût de la personne. Attention cependant à ne pas tenir un discours culpabilisant. Si la phrase “pas de folle” est stigmatisante et discriminatoire, il peut aussi être normal pour un homosexuel de ne pas être attiré sexuellement et romantiquement par la féminité, de ce fait un homme efféminé ne l’attirera pas, il faut donc être vigilant de ne pas pointer du doigt des personnes qui n’ont pas de problèmes pour socialiser avec qui que ce soit mais qui font une sélection en fonction de leur attirance. En revanche il est nécessaire d’éduquer les gens à s’exprimer différemment, il vaudra toujours mieux indique “je cherche un homme viril” que de mettre “pas de folles”, l’information passe dans les deux cas, mais dans le second, elle discrimine (on peut imaginer la même chose pour “pas de vieux” ou “pas de gros”).

Enfin, concernant les mots exprimant un rejet, il y a la “sérophobie”, qui s’exprime notamment par une phrase : “je suis clean” (sous-entendu : séronégatif). Cette phrase laisse à penser que le séropositif serait alors “souillé” ou “sale” et qu’il faut l’écarter afin de ne pas être contaminé. Cependant, il est fréquent d’être séropositif sans le savoir, et certaines personnes se disant “clean” ne le sont peut-être pas. Ces personnes sont d’ailleurs bien plus dangereuses car risquent de contaminer les autres, fautes de précautions, tandis qu’un séropositif connaissant sa condition se traite et saura faire le nécessaire pour éviter à son/sa partenaire une contamination. Il est donc important d’éduquer les gens sur le statut sérologique afin de calmer les peurs relatives au VIH.

  • Vis-à-vis de la société

On constate une question qui se pose : “la société est-elle prête à accepter les LGBT ?”. Il a été répondu qu’au même titre que le racisme ou la xénophobie, les LGBT-phobies ne cesseront jamais d’exister, et ce bien après que chacun/e aie pu obtenir les mêmes droits dans la société.

On l’a vu en 2013 lors du débat sur le mariage pour tous, où la parole LGBT-phobe a été médiatisée et donc libérée (on observe d’ailleurs depuis une augmentation des agressions à caractère LGBT-phobe). Par ailleurs, les droits LGBT réclamés ne sont toujours pas en vigueur, ainsi, la PMA (Procréation Médicalement Assistée = don de sperme et gestation au sein d’un couple de lesbiennes) et le changement d’état civil sans opération pour les personnes transgenres, promesses de François Hollande, n’ont pas été tenues, et la GPA (Gestation Pour Autrui = mères porteuses) fait toujours débat.

Suite à ce débat, on a observé une recrudescence d’agressions LGBT-phobes, malgré pourtant une opinion populaire de plus en plus favorables aux LGBT.

Face à ces réactions LGBT-phobes, on observe plusieurs types de réactions :

  • Dans le cas où l’agression ne serait que verbale et peu violente, la victime essaiera de faire preuve de pédagogie, en essayant de raisonner avec l’agresseur.
  • Dans le cas où l’agression est verbale mais violente (insulte et énervement), la victime ignore son agresseur et continue son chemin.
  • Dans ce même cas d’agression verbale et violente, la victime peut se replier sur elle-même et modifier son comportement de manière durable, à cause du choc (exemple d’un homme tenant la main de son compagnon dans la rue, puis suite à une insulte violente en pleine foule, n’ose plus le faire par peur d’une nouvelle agression). Ce cas peut également mener à du déni, de la dépression ou au suicide.
  • Dans le cas d’agressions physiques, la victime peut défier son agresseur, en décidant de continuer à vivre sa vie malgré l’agression (cas notamment de personnes ayant volontairement posté sur internet la photo de leur visage après l’agression afin de montrer la barbarie de l’acte, et qui décident donc de montrer à l’agresseur que son attaque n’a pas engendré une peur)
  • Dans le cas d’agression physique, la victime peut prendre peur, dans ce cas des réactions très diverses peuvent survenir, notamment le déni, la dépression, voire le suicide.

Dans certains de ces cas, la conséquence peut être dramatique. Il est donc important de combattre ces discriminations. On rappelle d’ailleurs que “selon les études épidémiologiques récentes, les jeunes LGBT ont ainsi 2 à 7 fois plus de risques d’effectuer une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leur vie que le reste de la population. Ces risques sont de 2 à 4 fois supérieurs pour les filles, et de 5 à 10 fois pour les garçons.” (source : SOS Homophobie)

 

  1. LE GENRE DANS LA SOCIÉTÉ ET DANS L’ÉDUCATION
  • Dans la société

On a vu dans la partie sémantique que beaucoup de termes injurieux et/ou discriminatoires avaient trait à la dichotomie homme/femme, et donc au genre.

Ce problème est dû à une éducation fortement genrée. La société dans sa globalité a tendance à assigner un genre aux objets où aux activités (on entend souvent par exemple parler de “métiers d’hommes”).

Pour lutter contre ce problème, il faudrait commencer dès l’enfance, notamment en cessant d’imposer aux jouets, aux vêtements et même aux couleurs, un genre défini. Par exemple, on constate que les vêtements tels que les robes et les jupes, les jouets tels que les poupées ou les dînettes, et la couleur rose, sont attribuées aux filles. À l’opposé, on attribue des vêtements comme les chemises ou les pantalons, les jouets comme les voitures et la couleur bleu aux garçons.

Cette attribution est particulièrement visible dans les médias, autrement dit dans les publicités et les catalogues de jouets (également dans les restaurants McDonald’s avec le Happy Meal fille et le Happy Meal garçon, cependant, on note quand même un Happy Meal neutre où l’enfant peut choisir un livre à la place du jouet genré, ce qui est une bonne initiative). À ce titre on peut saluer la chaîne de magasins U, qui en 2012 proposait un catalogue présentant des garçons jouant à la poupée et des filles jouant aux voitures. Une initiative malheureusement non reconduite ou en tout cas atténuée. En effet, le catalogue 2015 met de nouveau les poupées dans les mains des filles, cependant, sur certaines images, deux enfants sont présents, jouant au même jouet, un garçon et une fille. On peut voir un garçon et une fille pousser chacun une poussette avec un faux bébé dedans, ou jouer ensemble à la dînette. Cependant la couture reste réservée aux filles (et leur maman) et le bricolage aux garçons (et leur papa).

Ont été aussi évoquées les activités. Par exemple le fait de jouer au foot ou grimper dans les arbres, pour les garçons, et les activités culturelles comme la musique étant plus volontiers attribuées aux filles.

Il serait important que les parents sachent respecter les désirs de leur enfant et ne pas projeter leurs propres envies sur eux. On retrouve le même problème où certaines personnes choisissent de faire des études à cause de la pression familiale. Ici on trouve alors des enfants qui souhaitent faire une activité ou jouer à autre chose et on les en dissuade en leur imposant les jouets et activités correspondant à leur genre.

Il a été noté que dans certains cas, notamment aux USA, où des polémiques ont eu lieu parce qu’un père avait laissé son fils se déguiser en princesse pour le carnaval, et avait alors choisi de soutenir son fils jusqu’au bout en se déguisant lui-même en princesse également.

Il est donc important pour un enfant de pouvoir prendre ses propres décision et d’être soutenu par sa famille.

  • Dans l’éducation

Au niveau scolaire, il est difficile de casser la barrière du genre, et notamment à partir du collège. En effet, les programmes de l’Éducation Nationale sont très cadrés et il est difficile pour les enseignants d’en sortir pour éduquer les élèves à la question LGBT et aux LGBT-phobies.

Cependant, on peut s’interroger sur la manière de procéder au quotidien pour créer un environnement éducatif propice au sujet. Par exemple reprendre systématiquement un élève qui emploierait un mot ou une insulte discriminatoire, ou éventuellement selon le relationnelle entre l’enseignant et l’élève, permettre un niveau de confiance suffisant pour que l’élève puisse parler. Cela étant, ces initiatives ne sont que des initiatives personnelles, car toute tentative de mettre la question au programme scolaire provoque des polémiques à cause des organisations telles que la Manif Pour Tous ou encore des partis comme le Parti Chrétien-Démocrate. Ces organisations ont fait échouer la tentative de l’ABC de l’égalité qui devait être mis en place en même temps que le mariage pour tous.

Pour autant, ces initiatives, que ce soit dans l’éducation ou au niveau de la société, sont nécessaires, malgré les polémiques, pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens.

 

  1. DANS LA CULTURE

La place des LGBT dans la culture a été évoquée. Elle pourrait cependant être le sujet d’une future commission Culture, ou le sujet d’une future discussion au sein de la commission LGBT++. Cependant, plusieurs exemples peuvent être relevés ici, bien que n’ayant pas été abordés en commission..

On note qu’en France, très peu de produits culturels très visibles du grand public abordent la question LGBT. La seule production culturelle réellement ciblée pour le grand public, qui ait traité la question, est la série “Plus Belle La Vie”, ou encore les émissions de télé-réalité comme Loft Story ou Secret Story (ou encore Pékin Express). Quelques documentaires ou téléfilms, ainsi que des pièces de théâtre (notamment Un Coeur Sauvage de Christophe Botti) évoquent le sujet, mais restent relativement peu connus, et il en va de même pour la littérature. Au cinéma français, on notera que le film L’inconnu du lac, pourtant peu connu, s’est vu obtenir une visibilité accrue à cause d’une polémique liée à son affiche et son contenu, et à l’intervention de l’association Promouvoir, qui a souhaité censurer le film.

C’est à l’étranger en revanche, et surtout aux USA, que la question est abordée tous azimuts, que ce soit dans les émissions de télévision (le talk show de Ellen DeGeneres), les films ou les séries télé.

Concernant les films, il y en a relativement peu, les plus connus étant Le Secret de Brokeback Mountain de Ang Lee ou Philadelphia de Jonathan Demme. On notera d’ailleurs une prépondérance de l’homosexualité masculine au cinéma (l’un des films lesbiens les plus connus étant Bound des Wachowski, mais restant assez inconnu du grand public). Bien sûr, il existe des films dont le sujet n’est pas l’homosexualité mais qui en contient. On retiendra notamment une scène de baiser entre Sarah Michelle Gellar et Selma Blair dans Sexe Intentions de Roger Kumble. Concernant la transidentité, peu de films en parlent. Cependant il est important de citer les réalisatrices Lana et Lily Wachowski, toutes les deux transgenres, elles ont ensemble réalisé notamment la trilogie Matrix.

Dans les séries télé en revanche, il est difficile de citer de manière exhaustive les oeuvres traitant d’homosexualité, tant elles sont nombreuses. Il s’agit en effet du média américain qui l’aborde le plus souvent. Les séries qui font office de précurseurs en la matière sont Buffy contre les vampires de Joss Whedon, contenant le premier baiser lesbien dans une série télévisée (dans l’épisode de la saison 5 Orphelines) et Dawson, contenant le premier baiser gay non censuré dans une série télévisée (dans l’épisode de la saison 3 Mariés à tout prix). Par la suite, de nombreuses séries ont suivi cet exemple en proposant régulièrement des relations homosexuelles à l’écran. Par ailleurs on peut noter la popularité de séries consacrées essentiellement à ce sujet : Queer As Folk, The L Word, Will & Grace ou Orange Is The New Black, et la popularité de séries mettant fortement en avant un ou des couples lesbiens, notamment la série Sense8 des Wachowski qui met en scène un couple lesbien entre une femme cisgenre et une femme transgenre.

Concernant les autres modes de culture, notamment la littérature et le théâtre, peu d’oeuvres sont connues du grand public, en tout cas de ce côté-ci de l’Atlantique.

Dans les médias non-traditionnels, quelques chaînes YouTube ont été citées, comme Pouhiou NoéNaute, ou Ginger Force, mais également certaines vidéos, notamment celle de Poisson Fécond intitulée 6 trucs sur l’homosexualité, vidéo ayant fait polémique suite à une trop fréquente utilisation du mot “PD” et que le vidéaste a corrigée.

 

  1. SOIRÉE DU 17 MAI

À l’occasion de la journée mondiale contre les LGBT-phobie, la commission propose que la soirée du 17 mai 2016 (dans l’hypothèse où le mouvement Nuit Debout serait encore actif) soit consacrée à la question LGBT.

Dans cette optique, plusieurs idées ont émergées, qui doivent être approfondies en propositions concrètes :

  • Un atelier jeu de rôle, afin de placer un personne hétéro et/ou cisgenre dans la peau d’une personne homosexuelle et/ou transgenre, afin de faire prendre conscience de l’homophobie. Il existe un jeu appelé “La Marche des Privilèges” qui pourrait être utilisé dans ce but.
  • Des interventions d’associations, notamment SOS Homophobie, pour citer des chiffres et faire un état des lieux, ou encore Aides, pour sensibiliser sur la question du VIH. D’autres associations peuvent être invitées à intervenir, mais lesquelles et leur rôle reste à approfondir.
  • Un atelier témoignage a été proposé, sous deux formes qui peuvent cohabiter. D’abord au micro, soit à part, soit pendant la période de micro libre, en AG. Et également faire une sorte de livre d’or pour que chacun/e exprime à l’écrit son témoignage ou sa manière de voir les choses, ce qui permettra de faire un état des lieux de la perception des LGBT (y compris les personnes LGBT-phobes).
  • Des affichages thématiques comme la Licorne du Genre (cf ressources)
  • Peut-être une projection de film, de documentaire ou d’une pièce de théâtre, à définir.
  • Proposition de “repeindre” la place en couleur (violet notamment) avec des matériaux lavables (peinture poudre colorée, craie ?)

Globalement, cette soirée doit encore être discutée en commission pour réunir des idées, s’interroger sur leur faisabilité, et connaître les personnes à contacter dans les associations pour intervenir. Il faudra peut-être également décorer, notamment avec les drapeaux des différentes communautés LGBT (la communauté Bear par exemple, n’a pas été évoquée en commission, elle a pourtant ses codes et son propre drapeau, et peut avoir des choses à apporter à la commission).

 

SYNTHÈSE

  • Besoin de multiples termes pour exister aux yeux de la société et se revendiquer
  • Attention aux insultes et aux mots stigmatisants
  • Ré-appropriation de ces mots pour leur donner un sens positif et revendicateur
  • Attention aux discriminations au sein même de la communauté LGBT, la pédagogie ne doit pas être faite que pour les personnes hétéro cisgenre
  • Montée des LGBT-phobies suite au débat Mariage Pour Tous
  • Conséquences diverses des LGBT-phobies mais qui peuvent être tragiques : première cause de suicide chez les jeunes LGBT.
  • Éducation genrée, formatée par la société à séparer filles et garçons
  • Attribution du genre à des objets ou des activités
  • Initiatives pour sortir de ces barrières de genre qui causent des polémiques, mais qui sont nécessaires pour évoluer
  • Les parents doivent respecter les désirs de l’enfant et ne pas projeter les leurs
  • Il est difficile de sortir des programmes scolaires de l’Éducation Nationale pour éduquer les enfants aux questions LGBT
  • Toute initiative visant à éduquer aux questions de genre et de sexualité échoue à cause d’attaques d’organisations LGBT-phobes
  • LGBT peu présents dans la culture française mais de plus en plus visible dans la culture américaine.
  • 17 mai : journée mondiale contre les LGBT-phobies. Proposition d’une soirée thématique avec diverses interventions et ateliers.

 

DOCUMENTATION ET RÉFÉRENCES

 

Nous avons proposé en commission d’enrichir les références documentaires et culturelles via le forum de Nuit Debout Nantes, sans forcément avoir de lien avec ce qui a été évoqué (mais toujours sur les questions LGBT++)

Compte Rendu Commission LGBTQIAP

Compte Rendu Commission LGBTQIAP

LGBTQIAP + +

LESBIENNE GAY BI TRANSGENRE QUEER INTERSEXE ASEXUEL- LE/AROMANTIQUE/AGENRE & PANSEXUEL- LE/PANROMANTIQUE/PANGENRE

Cette commission s’est créée dans le but d’élargir la réflexion. Il est important si nous voulons

changer de société de ne pas reproduire une société hétéronormée et cisnormée. L’objectif est de lutter contre les discriminations liées aux Orientations Sexuelles et aux Identités de Genre-s.

Nous avons différencié les orientations sexuelles et les genres des personnes.

À la naissance un genre nous est attribué par les médecins, en fonction de l’apparence de nos organes génitaux externes. Étant basé sur un système binaire, le genre assigné (déclaré à l’état civil) est donc un pénis = mâle (un garçon) une vulve = femelle (unefille).

Sauf qu’il existe des personnes dont les organes génitaux atypiques ne peuvent être désignés de façon catégorique comme étant « mâle/femelle ». L’atypie se situe parfois au niveau chromosomique ou hormonal et est détectée plus tard.

Les bébés qui naissent avec des organes génitaux externes atypiques subissent généralement des mutilations sexuelles inutiles dans le but de « normaliser » leur apparence. Iels sont assigné-e-s arbitrairement fille ou garçon.

À savoir :

Si nous sommes en accord avec le genre qui nous est attribué à la naissance, nous sommes cisgenre.

Si nous sommes en désaccord avec notre genre qui nous est attribué à la naissance nous sommes

transgenre.

Aujourd’hui en France

  • On oblige les parents à choisir le genre de leur enfant même si cellui-ci est intersexe.
  • Pour les personnes trans, iels peuvent changer le genre inscrit sur leurs papiers à condition de passer devant un tribunal de grand instance et prouver une irréversibilité (stérilisation et/ou opération).
  • L’éducation genrée véhicule de lourds stérotypes dès l’enfance (exemple : jouets sexistes).  Manque d’éducation contre l’utilisation des insultes homophobes (du type pédé, enculés, gouine…) même si elles ne sont pas utilisées particulièrement pour viser des homosexuel-les, mais par habitude. Leurs utilisations contribuent à entretenir le climat et l’oppression homophobes. –
  • Les politiques peuvent tenir des propos homophobes dans l’assemblée ou avec « les Minables pour tous » sans être inquiétés par la justice.
  • Depuis les débats sur le mariage, beaucoup de haine homophobe à cause de la M pour tous qui a gagné beaucoup de batailles contre l’égalité homme–femme, les stéréotypes, les droites des personnes trans etc…

À savoir : L’orientation sexuelle comme le genre – n’est pas un choix !

Les solutions adoptée par Nuit debout Nantes

  • Lutter contre les stéréotypes de genre dès l’enfance
  • Apprendre à accepter la diversité des orientations sexuelles et des genres
  • Adopter l’usage du pronom de genre neutre : iel
  • Apprendre dès le plus jeune âge la base du consentement
  • Apprendre le sens des insultes et mettre fin aux insultes stigmatisantes
  • Respecter l’autodétermination des personnes : fin des mutilations sur les personnes intersexe etfin des stérilisations forcée et dépsychiatrisation des personnes trans.
  • Lutter contre le sexisme, le cissexisme, la transphobie et l’homophobie
  • Combattre le patriarcat et la société hétéro-normée

Point info ressources :

SYNTHÈSE

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