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Catégorie : Dictionnaire Debout / Sémantique

Compte Rendu du 07/04/2016

Compte Rendu du 07/04/2016

Commission Sémantique : 

Le langage utilisé par les médias nous gêne. Il est porteur d’idées que nous combattons. Nous voulons construire un vocabulaire qui nous convienne. Certains ne maîtrisent pas les mots. Le Langage Debout doit être simple pour être compris de tous. Mais il ne doit pas tout simplifier. Chaque mot a un sens.

Nous voulons donc que certains mots utilisés dans les discussions, là, maintenant, soient explicités. Donc, chacun peut demander le sens qu’on donne à un mot.

Nous avons organisé nos réflexions en quatre parties :

– Mots médiatiques (négatifs) à détruire → mots (positifs) à reconstruire

– Mots qui ont été détournés de leur sens premier → mots qu’on doit définir quand on les utilise

– Idées autour de certains mots/concepts

– Mots Debout

 

 

– Mots médiatiques (négatifs) à détruire → mots (positifs) à reconstruire (pas toujours faciles à trouver)

 

Ressources humaines → ?

Compétence → savoir

Savoir-faire → faire

Plan social → ?

Collaborateurs → ouvriers-patron (pose problème car il vient de pater=père)

Emploi/travail (tripalium=torture) → activité

Gouvernance → ? Mais que veut dire ce mot ?

Coût du travail → salaire (pose problème à certains)

Charges sociales → cotisations sociales

Agriculteur, ou pire exploitant agricole→ paysan. On oublie toujours la paysanne.

Calme (retour au calme) → non violent

Casseur → révolté (qui s’exprime différemment)

 

– Mots qui ont été détournés de leur sens premier → mots à définir quand on les utilise

 

« Peuple » – « populaire » – « populisme » ne doivent plus être utilisés pour parler à la place des personnes.

« Citoyen » : mot galvaudé par les socialistes. De plus, tous nos interlocuteurs ne sont pas citoyens français. Il a un sens dans la démocratie depuis l’Antiquité en passant par les philosophes des Lumières.

« Anarchie » : ne signifie pas que rien ne fonctionne. Son sens premier est ne pas dépendre d’un chef.

La « politique » n’appartient pas aux hommes/femmes politiques.

– Idées autour de certains mots/concepts

 

Il faut féminiser les mots quand on peut.

 

Autour du mot « casseur » : la «violence institutionnelle » est pesante.

Certains n’ont pas les mots pour exprimer leur colère et ne sont jamais écoutés.

On n’a pas à distinguer colère violente et colère non-violente.

La violence est en nous. Nous avons tous été tentés par elle.

Le concept de « violence gratuite » est à rejeter (désaccord de certains d’entre nous sur ce point).

Les cibles ont un sens (banques – magasins de sport, …).

La violence est une réponse parmi d’autres.

Méfions-nous des distinctions entre les personnes en colère qui contribuent à nous désunir.

Dans l’Histoire, rien n’a jamais été acquis par la négociation. Le dominant ne décide jamais de perdre des privilèges.

Nous ne vivons pas (ici) une période plus violente (qu’avant).

Attention au mot « savoir-vivre » qui exclut celui qui n’en n’aurait pas.

 

Autour du mot « uberisation » :

Ce n’est pas de l’économie collaborative.

Cela ne donne pas plus de liberté à celui qui pratique l’activité.

Cela entraîne de l’exploitation.

Pourquoi s’en prend-on autant à la Sécurité Sociale, au Service public, aux cotisations sociales ?

 

Autour du mot « Justice »

Plusieurs significations (institution – droit – sentiment) → doit être explicité par un adjectif (justice sociale – justice bourgeoise – …).

Différent de « justesse » qui signifie exact.

 

– Mots importants pour le Dictionnaire Debout :

 

Parole – écoute

Actes

Collectif

Colère

Personne (dans les deux sens du terme)

Compte Rendu du 08/04/2016

Compte Rendu du 08/04/2016

On reprend les bases de la commission de la veille qui avait travaillé sur un nuage de mots : à déconstruire / pour reconstruire / à définir. Avait été évoquée la possibilité de remplacer certains mots par d’autres, d’en inventer de nouveaux, de contextualiser quoi qu’il en soit. Aujourd’hui, on travaille autour d’une proposition de reformulation d’un article de presse : en l’occurrence, un article de Ouest France sur les manifestations > http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/manifs-nantes-la-spirale-violente-peut-elle-etre-enrayee-4148778

CASSEUR
-> Mot imposé par les médias
-> Mot qui divise, exclut.
>> Question des chiffres mentionnés dans certains articles et qui n’ont pas de sens. Comment ne pas subir la division : les bons / les méchants manifestants. A noter qu’on a pu lire que le mouvement de la Nuit Debout cherchait à « se distinguer » des manifestants.
-> Associé à une image : voiture qui brûle / gens « cagoulés »
-> Association régulière avec le terme « cagoulé » : la tenue peut venir justifier une intervention de la police.
-> Le mot CASSEUR avait été mis en lien hier avec le mot RÉPONSE : la « casse » n’est pas un acte de violence « gratuite », mais une « réponse », elle a des causes. Peut-être faut-il donc aussi le mettre en lien avec ces causes: on a vu le mot « ca$heur » tagué sur une banque, ça nous parlait bien.
-> On se questionne sur le terme d’ ACTIVISTE, qui nous parle bien aussi sur le moment.
-> Attention aussi à une catégorisation des personnes qui ne se sont pas elles-mêmes définies en tant que telles.

 

TRAVAIL SUR L’ARTICLE DE OUEST France
> « Le centre-ville est las » : généralisation, personnification du « centre-ville ». C’est une manière de vider les choses de leur sens, de réduire des gens à des étiquettes sans leur donner la parole.
> On dérive sur le fait que les médias visibles (Arrêt sur Images, Le Petit journal sont cités) demandent aux gens ce qu’ils veulent et ce qu’ils revendiquent. Ils n’évoquent pas la recherche de sens, c’est hors de leur grille d’analyse, et ils ne semblent pas comprendre.
> Proposition forte déjà évoquée la veille de systématiser la redéfinition des termes dans nos débats, à Nuit Debout, mais aussi avec nos proches, ou les gens qu’on rencontre : qu’est-ce que tu veux dire ?
> Podemos a procédé comme nous, ça leur a pris du temps : il ne faut pas s’étonner que les médias ne comprennent pas, le problème étant que eux ont un écho dans l’opinion publique. Ils ont des « clients », ils doivent vendre, ce sont des « collabos ». On soulève qu’il faut faire attention à la stigmatisation des journalistes. Quelqu’un témoigne que leur réponse quand on les questionne est qu’ils se doivent d’être « objectifs ».
> Travail de médiation à mener auprès des journalistes ?
> Que reste-t-il si on enlève de ce type d’article ce qui vise à susciter la peur ?
> Retour sur le « centre-ville » désigné dans l’article : qui se plaint ? Flou, pas représentatif. Pourquoi ne pas retourner cet article, le pousser dans la caricature ? Dire « les deux personnes qu’a croisées le journaliste qui écrit ses lignes » au lieu de « le centre-ville » ? Attention à ne pas tomber dans le « tous pourris », ou de ridiculiser les gens qui lisent.
> « las des violences » au pluriel : alors qu’on parle d’événements très ponctuels, et de cibles précises.
> Comme si les habitants du centre-ville ne pouvaient pas « être las » du chômage, de la situation écologique, etc.
> PROPOSITION : relater la même situation décrite par l’article mais avec l’autre point de vue, à notre façon.
> PROPOSITION : détourner le texte, inverser en gardant les mêmes mots que le journaliste, mais en parlant de la police.
> On soulève le fait que le policier mis en examen récemment pour violences a gardé l’anonymat dans les médias, alors que tout suspect civil peut être nommé à la télé.
> On discute aussi de la contextualisation de ces « casses », de l’atmosphère de peur provoquée par les CRS, de l’intention de diviser les groupes pour justement constituer les « petits groupes mobiles » qui sont désignés dans ce type d’article.
> C’est un article assez complet qui reflète bien le point de vue des forces de l’ordre et de l’institution. On pourrait dire que c’est assez « objectif » dans la défense d’un point de vue. Or ne s’agit-il pas plutôt d’un « compte-rendu » fraîchement sorti d’une conférence de presse ? L’article parle de « DÉCRYPTAGE », mais seul un point de vue est mis en valeur. Le choix des citations, la mise en forme de l’article sont une forme de subjectivité du journaliste.
> PROPOSITION : quelqu’un va prendre contact avec l’association Les pieds dans le PAF pour intervenir sur ces questions.

QUE FAIRE DU MOT CASSEUR ?
> La majeure partie de ces dégradations vise des symboles du capital.
> Pas minorer les violences : la Révolution Française, c’est romantique dans l’imaginaire, mais pas oublier que des têtes sont tombées.
> On se met d’accord sur le mot RÉVOLTÉ : un mot qui peut inclure tout le monde, qui implique la notion de raisons, de causes, et qui n’est pas véhiculé par les médias.
>> RÉVOLTÉ devient le premier mot de reconstruction de notre dictionnaire debout !
> Parler également des CIBLES SYMBOLIQUES, la vitrine n’est pas une victime, ce sont les symboles qui sont cassés. On peut parler de DOMMAGES COLLATÉRAUX, de MOYEN D’EXPRESSION.
> Dire par exemple pour remplacer une phrase de l’article : « Des révoltés ont pris pour cible des symboles. » C’est plutôt objectif, finalement.
> Point de vigilance sur le fait qu’on a beaucoup pris la défense pendant ce débat de personnes qui peuvent « nuire au mouvement ».

DICTIONNAIRE DEBOUT, PERSPECTIVES
> Ce qui est intéressant ici, c’est que l’on peut exprimer une autre subjectivité de masse, face à des médias de masse qui véhiculent la leur.
> ACTIONS : Question de l’accès à l’information : Ouvrir le débat publiquement sur le lobby des médias ? Diffuser « Les Nouveaux Chiens de garde » ? Mettre à disposition un stand d’articles nous paraissant pertinents ? Apporter un schéma qui répertorie les propriétaires des grands médias ?
> OBJECTIFS POSSIBLES DE LA COMMISSION : harmoniser une PAROLE COMMUNE, un vocabulaire, un « discours ». A la fois une question de communication face aux médias, et de prise de contact avec les passants ou les gens qu’on croise au quotidien.
> On finit le débat en nous demandant ce que veut dire être « politisé », peut-on concerner les passants notamment en ayant des définitions communes : quiconque vit dans cette société est politisé « de fait ».

>>>> Piste pour demain : réfléchir aux mots à employer pour parler du mouvement aux gens qui ne le connaissent pas.