CR du 24/03/2017

CR du 24/03/2017

Contacté.e.s par notre page FB, nous avions convenu d’une rencontre avec Réso Chapo. Et dès la rencontre, agréable surprise : on nous avait annoncé trois personnes du collectif, mais c’est presque tou.te.s qui sont venu.e.s !

Très vite, on nous fait comprendre que c’est un collectif très soudé, très lié, qui se débrouille pour se financer plutôt que de dépendre de subventions de la mairie par exemple. Réso Chapo organise des actions plutôt douces, festives.
Le Chapo renvoie au chapeau, bien sûr, emblème des artistes de rue et gens de la rue ; Réso vaut pour réseau et REncontres SOlidaires.

Leur objectif est de créer des liens, grâce à des événements ouverts à tou.te.s, en priorité aux personnes de la rue, précaires ou isolées. Leur premier événement a consisté en une distribution de vêtements et de nourriture, ce qui leur a permis de constater que d’autres associations et collectifs existent déjà et sont très actif.ve.s. sur ces problèmes.

Les membres de Réso Chapo ont alors cherché comment agir de façon complémentaire. Parmi les sans abri et précaires rencontré.e.s, les membres de Réso Chapo ont remarqué des personnes qui en ont marre qu’on leur demande ce qu’elles veulent : le tissu associatif de la ville est assez dense pour que nourriture et vêtements ne manquent pas. D’autres sont des gens qui errent dans la rue après des années sans abri et malgré le fait d’avoir retrouvé un logement. Ce qui manque donc, pour Réso Chapo, c’est des échanges entre les personnes. C’est rompre l’isolement.
Illes encouragent à créer des liens autour d’un repas gratuit, offert par un.e restaurateur.rice de Nantes, où tout le monde aide à le préparer, précaires ou pas. Par cette préparation commune, il s’agit de ne plus être dans le « je te donne », dans un assistanat imposé, mais d’être dans le partage, l’investissement commun.
En laissant participer les personnes précaires ou isolées, le collectif espère changer le regard que l’on peut porter sur elleux. De même, la participation des restaurateur.rice.s aide à changer le regard sur les restaurateur.rice.s mêmes, à montrer que ce sont des gens concerné.e.s et généreux.ses puisque ce sont elleux qui offrent le repas.
Le collectif comprend de nombreux.ses artistes et c’est cette patte artistique qui le caractérise comme vous pourrez le constater sur leur page FB.
Leur prochain événement aura lieu le 2 avril et au moins une personne de ND Nantes y sera présente, à leur invitation.

Illes sont en contact avec d’autres associations et collectifs, comme le Carillon dont nous avons déjà parlé, DLC, Refus de la misère… illes apportent enfin un soutien sous forme de parole, d’argent et de lettres à un sans-abri en prison. Très bon dessinateur, il leur répond graphiquement à chaque fois.

Les artistes qui se produisent lors de ces événements sont aussi parfois des personnes précaires ou à la rue. Et ce soir, un jeune de la rue, mais avant tout du 93, répondait à ces critères… c’est avec plaisir que nous avons revu Anthony, « Taz », qui nous a fait une démo de son rap qui ne cesse de s’améliorer.
Il avait choisi de nous interpréter sa dernière chanson, intitulée « sale drogué » mais, voyant que des enfants étaient présent.e.s, il a choisi des textes plus calmes : « les terriens », assez léger, pour se lancer, et « la demi-graine », beaucoup plus travaillé avec des références à Eratosthène, Turing, Einstein… en passant par la théorie des cordes !
Il participe à l’événement de Réso Chapo le 2 avril mais en attendant, vous avez de grandes chances de le croiser dans les rues du centre le soir… si vous tendez l’oreille.

Nous avons ensuite fait une petite pause, le temps de sortir pour admirer une démonstration de parkour.

Le collectif de soutien aux mineur.e.s isolé.e.s appelle à se rassembler le 5 avril pour dénoncer la fin de la trêve hivernale, qui coïncide avec le rejet massif à la rue de jeunes sans solution de secours -ce qui est, encore une fois, strictement illégal. Une manifestation aura lieu à 15h au départ de la croisée des trams suivie d’une assemblée des exilé.e.s à 17h, sur l’esplanade des machines de l’île.

Nous avons continué à discuter avec les membres de Réso Chapo et le sujet a évolué vers l’attitude de la TAN, qui organise le contrôle au faciès des mineur.e.s isolé.e.s. En d’autres termes, qui viole le droit français (le racisme est un délit et les mineur.e.s isolé.e.s doivent être protégé.e.s) et international (protection des mineur.e.s isolé.e.s). Ce contrôle est source de stress pour des jeunes ayant déjà, pour beaucoup, traversé des horreurs, et les empêche d’aller à l’école apprendre le français. Ce serait dommage qu’illes s’intègrent, n’est-ce pas ?

La discussion a ensuite évolué sur les modes d’action. Une membre de Réso Chapo nous a offert une analyse personnelle, et non excluante, des modes d’action : Réso Chapo a choisi des actions plus douces, mais elle pense qu’il y a un temps pour les actions coup de poing aussi. Ce temps peut être une question d’âge ou de contexte. Enfin, il n’y aurait pas un mode d’action plus productif qu’un autre.

Note de la rédaction : cette image de jeunes rebelles énervé.e.s qui semble coller à notre peau de bisounours maniant le papier et le carton, occasionnellement le couteau de cuisine sur des légumes sans défense, me fait beaucoup rire –surtout quand on connaît notre fourchette d’âges. Si nous ne critiquions pas la société capitaliste, on pourrait breveter des cures de jouvence Nuit Debout : une nuit avec nous, par terre autour d’une bière, dix ans en arrière ! On aurait vite de quoi se payer des pancartes en or… là au moins, on comprendrait pourquoi la police les « confisque » pour une durée indéterminée…

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